"Effroyable, terrifiant, dingue"
Ces Marnais qui résident au Japon n’oublieront jamais ce tremblement de terre. Vivre de longues minutes dans un immeuble qui tangue comme un bateau en pleine tempête. Une expérience effroyable dont se souviendront longtemps Thierry Voisin, l’ancien chef des Crayères de Reims, le scénariste rémois Jean-David Morvan, Thibault Brex, un Magentais professeur de français, ou Mathias Boucher, jeune judoka rémois parti en stage.
IL est 15 heures dans les cuisines de l'Impérial Hôtel à Tokyo. Thierry Voisin, ancien chef des Crayères de Reims expatrié au Japon depuis six ans, a encore une trentaine de clients en salle qui déjeunent. Soudain, les casseroles se mettent à trembler. Les 25 cuisiniers présents ne s'inquiètent pas immédiatement.
« Il y avait déjà eu deux ou trois secousses dans la semaine. Ces tremblements sont tellement fréquents qu'entre nous on s'amuse à tenter d'évaluer leur intensité. » C'est une sorte de jeu. Cette fois, ils n'essaieront même pas de l'évaluer. « Après les casseroles, c'est toute la cuisine qui s'est mise à bouger et ensuite c'est nous qui bougions. J'ai vu les visages se décomposer. Du jamais vu, c'était terrible. ».
Un bruit effroyable
Thierry se retrouve comme sur un bateau en pleine tempête. Sauf qu'il est dans un immeuble. « Je suis entré dans la salle de restaurant, les gens s'étaient mis sous les tables. Je ne pouvais pas marcher sans me tenir. Je suis allé voir dans le couloir comment ça allait. » L'immeuble tangue toujours, c'est long, très long.
« A ce moment-là, on se dit que le bâtiment ne tiendra plus longtemps, que tout va s'écrouler. Absolument tout bougeait. »
Et puis il y a l'effroyable bruit : « Une espèce de grondement sourd accompagne le tremblement. C'est terrifiant. Personne ne pouvait s'attendre à une telle puissance. » Au bout de cinq bonnes minutes, ça s'arrête enfin. L'Impérial Hôtel, construit pour résister à des séismes de magnitude 9, a tenu.
La vie ne reprend pas tout de suite. Il faut être sûr que c'est bien fini avant d'oser se rassurer. D'abord s'occuper des clients, surtout des touristes d'autant plus terrifiés que peu habitués. La direction de l'hôtel annonce à ses employés qu'elle met des chambres à leur disposition pour la nuit prochaine car les moyens de transport sont interrompus. Elle annonce aussi que le service du soir sera assuré. « C'est comme ça au Japon, on rebondit très vite. »
« Il est 23 heures à l'heure où je vous parle. On se croirait en temps de guerre. Nous avons encore un millier de personnes dans le hall de l'hôtel. Ils sont avachis par terre, blêmes, le téléphone portable à la main tentant de joindre leur famille mais le réseau ne passe plus. » Et ça continue à bouger : « Depuis 15 heures, on a déjà eu 15 à 20 répliques et pendant que je discute avec vous ça bouge encore. » A l'heure du souper, les cuisiniers sont à nouveau à l'œuvre. Les casseroles bougent encore de temps en temps mais, normalement, le pire est derrière. « On n'est pas près d'oublier. »
http://www.lunion.presse.fr/article/marne/ils-ont-vecu-le-tremblement-de-terre-au-japon
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