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jeudi 5 décembre 2013

Eau potable : 7,5 millions de foyers bientôt pas aux normes

La France a pris un retard considérable dans le remplacement des canalisations d'eau potable en plomb dans le parc immobilier privé. Une association de défense des consommateurs tire la sonnette d'alarme et demande un report de trois ans de la date butoir de remplacement des canalisations.

La France aurait-elle la facheuse habitude de s'y prendre à la dernière minute ? L'association de défense des consommateurs CLCV a appelé ce jeudi les pouvoirs publics à reporter de trois ans la date butoir de remplacement des canalisations en plomb, fixée au 25 décembre, et à accorder des aides aux particuliers pour effectuer les travaux. La France a en effet pris du retard pour éradiquer les canalisations d'eau potable en plomb dans le parc immobilier privé.
Le changement de ces conduites fait suite à une directive européenne qui impose une teneur en plomb de l'eau potable inférieure à 10 microgrammes par litre d'eau (contre 25 microgrammes auparavant) d'ici à fin 2013, suivant des recommandations de l'Organisation mondiale de la santé. "La mise en oeuvre de cette disposition, issue d'une directive européenne, est très peu suivie par les pouvoirs publics. (...) La majorité des copropriétés n'ont pas effectué les travaux", note la CLCV.
7,5 millions de logements concernés
Selon l'association, près de 7,5 millions de logements sont concernés en France, dont plus de 800.000 à Paris. Elle estime le coût des travaux à 2.250 euros en moyenne par logement. "Il s'agit d'une dépense importante pour les copropriétaires qui ont souvent dû faire face à la rénovation des ascenseurs et qui sont amenés à se mobiliser sur la rénovation thermique", indique l'association, qui appelle les pouvoirs publics, et notamment les agences de l'eau, à débloquer des aides. "Elles disposent de fonds importants qui ont été utilisés pour enlever le plomb dans les canalisations publiques des services d'eau mais (...) elles n'ont pas souhaité aider les particuliers dans leurs travaux", ajoute la CLCV. L'association appelle également à "préciser le protocole d'analyse d'eau que doivent réaliser les copropriétaires", les résultats pouvant varier "de manière importante selon le moment de la journée où est effectué le test".
L'Association des responsables de copropriété, de son côté, demande de "ne pas s'affoler", assurant qu'"aucune sanction" n'est prévue en cas de dépassement du seuil des 10 microgrammes puisque "la mesure du taux de plomb dans l'eau est très compliquée et aléatoire". En mars, l'UFC-Que Choisir avait déjà tiré la sonnette d'alarme à propos du retard que prenaient les travaux de remplacement des canalisations dans le parc immobilier privé, et demandé aux agences de l'eau de mieux financer les aides aux particuliers.
 

samedi 6 octobre 2012

«Le problème de l'eau est lié à celui de la nourriture»

L'hydrologue Ghislain de Marsily animera un débat sur le thème de l'eau dans le cadre du festival Pariscience...
Elle recouvre trois cinquièmes de notre planète et pourtant l’eau pourrait venir à manquer. Gaspillage, changement climatique et pratiques agricoles intensives pompent peu à peu les réserves en eau douce de la planète et risquent de faire de l’eau «l’or bleu» du XXIe siècle. Le festival international du film scientifique Pariscience, qui se tiendra du 4 au 9 octobre au Muséum national d’histoire naturelle, dédie une soirée à l’eau. Ghislain de Marsily, hydrologue et membre de l’Académie des sciences, animera le débat qui rejoint, selon lui, les questions d’alimentation mondiale.

On parle de l’eau comme de «l’or bleu», pourquoi deviendra-t-elle si précieuse dans l’avenir?

Le problème de l’eau est lié à celui de la nourriture. Les besoins en nourriture augmentent considérablement car la population augmente, passant de sept à neuf milliards d’humains en 2050, et car les habitudes alimentaires évoluent en se calquant sur des régimes excessifs en calories et en produits animaux. Pour nourrir tout le monde, il faudrait doubler la production agricole, or l’eau en est à la base. Elle deviendra dans certains pays une denrée en déficit, notamment en Afrique du nord qui est déjà en déficit par rapport à ses besoins d’environ 30%. En 2050, en raison de la démographie et du changement climatique, elle dépassera la moitié de ses besoins et devra se fournir auprès de pays étrangers sous forme d’eau virtuelle, c’est-à-dire de produits importés comme les céréales.

Connaît-on l’impact du changement climatique sur les ressources en eau?

A l’échelle de la planète, les précipitations vont plutôt avoir tendance à augmenter car il fera plus chaud, donc globalement les ressources en eau vont augmenter. Mais les zones climatiques risquent de se déplacer: toute la zone méditerranéenne va probablement voir ses ressources en eau diminuer et connaître des sécheresses plus fortes. En revanche, en Europe du Nord, il est pratiquement admis par tout le monde qu’il pleuvra davantage, avec des conséquences qui ne sont pas nécessairement favorables: les inondations peuvent conduire à perdre des récoltes.

Quelles solutions pourraient-être apportées au manque d’eau?

La première chose à faire est de se demander s’il est vraiment raisonnable de passer à neuf milliards d’humains. D’après les démographes, on n’y peut pas grand-chose. Même avec des politiques de contrôle de la natalité, les dés sont jetés. La seconde solution est liée au manque de nourriture: où peut-on augmenter la production agricole dans le monde pour satisfaire la demande? L’Afrique a des terres cultivables mais est en compétition avec l’agriculture subventionnée des pays riches. Elle a été contrainte jusqu’ici de développer des cultures comme le coton ou le cacao, qui ne sont pas des cultures vivrières. L’Asie, au contraire, sera en déficit agricole intense dans les trente à quarante prochaines années, c’est pour cela qu’elle achète des terres en Amérique du sud ou en Afrique. Enfin, nous, pays développés, pouvons produire plus mais au prix d’une perte de surface de forêts.

La planète est riche en eau salée, que pensez-vous des techniques de dessalement?

70% de la population mondiale sera urbaine en 2050, le dessalement sera une solution pour alimenter les villes en eau. Ce sera incontournable et nécessaire pour fournir de l’eau potable dans les villes, mais trop onéreux pour l’agriculture.

http://www.20minutes.fr/article/1015455/le-probleme-eau-lie-celui-nourriture

mercredi 5 septembre 2012

Cultiver avec moins d'eau pour nourrir neuf milliards de Terriens

Pour nourrir les neuf milliards d'habitants que la Terre comptera en 2050 alors que les ressources hydrauliques auront diminué, il est nécessaire de mettre au point dès maintenant des techniques permettant d'accroître la production agricole avec moins d'eau, ont conclu des spécialistes réunis à Stockholm.
Pendant la semaine internationale de l'eau qui s'est déroulée dans la capitale suédoise, experts, entreprises et ONG ont montré que l'adoption de techniques de planification de l'exploitation des ressources hydrauliques permettait de faire face aux besoins alimentaires croissants.
L'Université de Cambridge a ainsi créé avec PepsiCo, i-crop, une plate-forme complète qui permet aux cultivateurs de déterminer avec précision l'irrigation nécessaire à leurs champs grâce à la collecte sur Internet de différentes données, notamment météorologiques et sur l'état de la terre.
Le programme, lancé en 2010, se met à jour tous les quarts d'heure. Il a permis de diminuer de 8% l'utilisation d'eau et d'augmenter de 13% la production de pommes de terre.
I-crop présente "un intérêt mondial pour la sécurité alimentaire", a indiqué à l'AFP Ian Hope-Johnstone, directeur du département Agriculture durable de PepsiCo.
Utilisé actuellement pour la culture de pommes de terre, principalement en Europe occidentale, le programme pourrait être adapté aux pays en voie de développement.
"Il y a une occasion" à saisir, a pour sa part confirmé un professeur de Cambridge chargé du programme, David Firman.
Certaines composantes d'i-crop devront être adaptées aux conditions climatiques, aux types de cultures et à la nature des terres, et les zones voulant recourir au programme devront être équipées d'infrastructures suffisantes, a toutefois précisé l'universitaire.
Le Stockholm Environment Institute vient pour sa part de mettre au point un système, ECONWEAP, qui adapte l'offre hydraulique aux besoins de l'agriculture. Il permet d'optimiser la répartition de l'eau dans un champ en fonction des variations des températures et des précipitations.
"ECONWEAP garantit que les choix de consommation d'eau sont compatibles avec l'offre actuelle dans chaque région au cours de l'année - mais il attribue aussi l'eau selon le modèle hydrologique afin de maximiser les avantages socio-économiques", a écrit une des responsables du projet, Laura Forni.
Actuellement utilisé en Californie, il est transposable dans n'importe quel bassin.
Dans les pays en voie de développement, la mise en place de tels programmes n'est possible que si les gouvernements sont présents, a souligné à l'AFP un responsable de l'ONG WaterAid, Dave Hillyard.
Au Burkina-Faso, l'implication de l'Etat dans la gestion des ressources en eau vise à améliorer l'agriculture et la vie des cultivateurs.
"Nous essayons de montrer aux agriculteurs que, outre [l'adoption de] techniques, ils doivent utiliser l'eau de manière plus efficace (...) et améliorer la manière dont ils cultivent", a déclaré le ministre burkinabé de l'Agriculture, de l'Eau et de la Pêche Laurent Sedego.

http://www.20minutes.fr/article/995219/cultiver-moins-eau-nourrir-neuf-milliards-terriens

samedi 25 août 2012

Les nappes phréatiques rechargées par les pluies du printemps et de juillet

Grâce aux pluies abondantes du printemps et du début de l'été, plus de la moitié des réservoirs affichaient au 1er août un niveau normal ou plus, avec une tendance désormais normalement à la baisse, a annoncé lundi le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM).
"La moitié des réservoirs (55%) affichent un niveau normal à supérieur à la normale, notamment pour une grande partie du quart sud-est et de l'est de la France", note le BRGM dans son point au 1er août de l'état des nappes d'eau souterraine.
"Cette situation, assez favorable en cette période estivale, n'était pas garantie en fin d'une période hivernale très déficitaire en termes de recharge de nappe", rappelle le BRGM, qui note que les "précipitations importantes" et "tardives" du printemps et du début de l'été "ont participé fortement à la recharge".
Selon le BRGM, "les épisodes pluvieux qui ont précédé la période estivale ont été suffisamment significatifs pour assurer une partie de la recharge des nappes et pour satisfaire directement certains besoins de l'agriculture". "La situation des nappes est ainsi assez favorable, a priori, pour qu'il ne se pose pas cet été de problèmes sérieux de ressource en eau souterraine", ajoute-t-il.
IL note aussi qu'en ce milieu de période estivale "la tendance d'évolution des nappes est désormais à la baisse pour la grande majorité des nappes (64%)", avec seulement 21% de nappes de niveau stable, et 15% à la hausse à la faveur de précipitations récentes.
Une tendance qui concerne "l'ensemble du territoire, ce qui est assez normal pour cette période de l'année", note le BRGM.
Par rapport au début du printemps, la situation des nappes s'est généralement améliorée, avec des niveaux normaux dans de nombreuses régions, et des situations déficitaires seulement dans l'ouest du Bassin parisien et dans certains secteurs du Bassin aquitain.

http://www.20minutes.fr/article/988109/nappes-phreatiques-rechargees-pluies-printemps-juillet

jeudi 16 août 2012

Chine: graves menaces sur l'eau à cause des centrales à charbon

Les nouvelles centrales thermiques à charbon que compte construire d'ici 2015 la Chine vont causer de graves pénuries d'eau dans d'immenses régions déjà menacées par les carences hydriques, a affirmé mardi Greenpeace à Pékin.
Le cycle de production d'énergie à partir du charbon, en particulier l'extraction du combustible, est très consommateur d'eau.
"Seize nouvelles centrales thermiques à charbon consommeront en 2015 au moins 10 milliards de mètres cubes d'eau -- l'équivalent d'un sixième du débit annuel du Fleuve jaune --, provoquant de graves crises de l'eau dans le Nord-Ouest aride du pays", souligne l'organisation de défense de l'environnement dans un rapport rendu public mardi.
"La vérité, c'est que dans cette zone du pays, chaque goutte d'eau est trop précieuse pour être gâchée. La Chine sacrifie ni plus ni moins le droit à l'eau de millions de personnes à (la production) d'énergie", dénonce Greenpeace.
La Chine est la première consommatrice mondiale de charbon (avec une tendance orientée à la hausse). Le pays tire 70% de son énergie de la combustion du charbon, ce qui en fait le premier émetteur mondial de gaz à effet de serre.
La construction des nouvelles centrales thermiques s'inscrit dans le Xiang Plan quinquennal (2011-2015) en cours de mise en oeuvre dans la deuxième économie mondiale.
"Il est grand temps de peser à nouveau les avantages et désavantages de cette expansion vers l'ouest de l'industrie du charbon, et de reconnaître le douloureux héritage qu'elle va laisser: énormes émissions de carbone, terrible pollution de l'air et, de surcroît, un sinistre avenir pour de vastes régions arides", écrit Greenpeace.
Le charbon en Chine sert surtout à produire de l'électricité pour répondre à la demande en hausse constante.
Certaines régions de la Chine - surtout dans le nord - sont confrontées à des pénuries d'eau récurrentes, aggravées par la demande en forte augmentation, l'avancée du désert et le réchauffement climatique.

http://www.20minutes.fr/article/985593/chine-graves-menaces-eau-cause-centrales-charbon

jeudi 19 avril 2012

Grande-Bretagne: Des cours d'économies d'eau dans les écoles pour faire face à la sécheresse

Alors que les Britanniques sont confrontés à une sécheresse sans précédent, les enfants sont mis à contribution pour économiser l'eau...
Les enfants sont souvent les meilleurs ambassadeurs de l’écologie dans les familles. Les Britanniques comptent sur eux pour prêcher la bonne parole dans les foyers: des cours d’économie d’eau sont dispensés dans les écoles pour faire face à la sécheresse qui frappe le pays, la pire depuis 1976.
Les volontaires envoyés dans les écoles primaires par l’entreprise Thames Water expliquent aux enfants qu’éteindre le robinet quand ils se brossent les dents peut permettre d’économiser six litres d’eau par minute ou encore qu’une minute de moins sous la douche, c’est dix litres d’eau économisés. Des dessins animés et des jeux viennent appuyer ces «leçons», ainsi qu’une application sur Facebook avec laquelle les enfants peuvent comparer leur consommation d’eau avec celle de leurs amis.

Un jeu sur Facebook pour économiser l’eau

Le cours de 30 minutes inclut aussi des informations sur la situation des nappes phréatiques et des cours d’eau dans le pays, pour que les enfants comprennent pourquoi on leur demande de faire ces efforts. Garder l’eau pour les usages vitaux, comme l’eau de besoin, devient en effet crucial en Angleterre: l'agence britannique pour l'environnement a annoncé ce mardi que la moitié du pays était en état de sécheresse. Dans le sud et le centre de l’Angleterre, les réservoirs d’eau sont descendus à un niveau très bas. La situation pourrait même se prolonger jusqu'à la fin de l'année, malgré les fortes pluies de la semaine dernière.
Des restrictions d’eau ont déjà été instaurées et des conseils pour économiser l’eau ont été envoyés aux hôpitaux, aux administrations et aux entreprises. Des chasses d’eau économes à l’installation de bassins de récupération des eaux de pluie, l’Angleterre veut surveiller chaque goutte d’eau utilisée. «Nous avons 8,8 millions d’usagers, si chacun fait un peu, cela peut faire une grosse différence», assure un dirigeant de Thames Water.
http://www.20minutes.fr/article/918149/grande-bretagne-cours-economies-eau-ecoles-faire-face-secheresse

mercredi 18 avril 2012

L'Iran va alimenter une ville du désert avec de l'eau de la mer Caspienne

L'Iran a lancé officiellement lundi un projet d'un milliard de dollars visant à transporter de l'eau désalinisée de la mer Caspienne vers une ville située dans une région désertique, ont indiqué les médias.
Ce projet prévoit la construction d'une usine de désalinisation d'une capacité de 200 millions de m3 par an près de Sari, au nord-est de l'Iran, et d'une canalisation destinée à transporter cette eau vers Semnan, une ville de 200.000 habitants située en bordure du désert, à quelque 150 km plus au sud.
L'eau servira à la fois à l'approvisionnement domestique de la population, à des projets d'irrigation et à l'industrie, selon les médias.
La réalisation de ce projet confiée à la branche économique des Gardiens de la révolution, Khatam al-Anbya, devrait prendre deux ans, a indiqué le ministre de l'Energie, Majid Namjou, lors du lancement des travaux.
La canalisation devra notamment traverser le haut massif montagneux de l'Alborz, qui borde la mer Caspienne au nord de l'Iran.
L'Iran prévoit de mettre en oeuvre, ultérieurement, des projets similaires pour alimenter d'autres villes situées dans des zones désertiques du centre et du sud du pays avec de l'eau désalinisée de la Caspienne ou du Golfe, selon les médias
http://www.20minutes.fr/article/917405/iran-va-alimenter-ville-desert-eau-mer-caspienne

vendredi 23 mars 2012

L'eau en France passée au crible des associations de consommateurs

Qualité insuffisante, tarifs opaques et injustes: les services de distribution d'eau potable et d'assainissement en France essuient un tir groupé de critiques des associations de consommateurs à la veille de la Journée mondiale de l'eau jeudi.
Tirant un premier bilan d'une enquête collaborative lancée il y a un an, 60 millions de consommateurs et la fondation France Libertés sortent le carton rouge contre un service de l'eau qualifié d'"opaque et inéquitable".
En un an, près de 10.000 consommateurs se sont inscrits sur le site de l'enquête www.prixdeleau.fr. Parmi ces contributions, 4.000 factures étaient exploitables et 220 analysées en détail, à la fois sur le prix et leur conformité.
"L'usager ne sait souvent pas ce qu'il paie", regrette Gilbert Mitterrand, successeur de sa mère Danielle à la présidence de France Libertés.
"Les factures sont illisibles, certains intitulés sont incompréhensibles, les dates sont parfois incohérentes, les tranches tarifaires ne sont pas précisées...", résument 60 millions de consommateurs et France Libertés.
Economiste chez 60 millions de consommateurs, Stéphanie Truquin a expliqué que les factures analysées montraient un "prix du mètre cube d'eau fortement dégressif". Ainsi, "plus on consomme, moins le prix du m3 est cher", avec un prix de 5,40 euros le mètre cube pour ceux qui consomment moins de 30 m3 et 3,08 euros le m3 pour ceux utilisant plus de 120 m3 d'eau.
Selon les zones géographiques, "il y a aussi de gros écarts de prix pour un service complet (eau potable et assainissement)", avec un rapport de 1 à 3, selon Mme Truquin.
Enfin, seules 9% des factures se sont révélées "totalement conformes" à la réglementation, même si la grande majorité est globalement conforme.
Or, en principe, "une facture doit aider à comprendre ce qu'on a payé", souligne Thomas Laurenceau, rédacteur en chef du magazine 60 millions de consommateurs.
Absence de factures
Outre "des tarifs plus équitables", l'association demande que soient mieux précisés les périodes d'abonnement et de consommations, les différents tarifs par tranches de consommation (s'il n'y a pas un tarif unique) ainsi que les voies de recours en cas de réclamation.
Les problèmes de factures et de surconsommation d'eau sont d'ailleurs le motif des 863 recours faits auprès du Médiateur de l'eau en 2011, dont le rapport annuel a lui aussi été publié mercredi.
L'opacité du paiement de l'eau est d'autant plus grande que les Français habitant dans des immeubles ne savent pas ce qu'ils paient pour l'eau, comprise dans les charges, et ne reçoivent jamais de facture.
S'il y a généralement une différence de prix entre un service d'eau délégué à un opérateur privé et une régie publique, M. Laurenceau a indiqué que l'échantillon de factures n'était pas représentatif pour en tirer des conclusions sur les différences entre les deux modes de gestion.
Les consommateurs sont appelés à continuer à transmettre leurs factures sur le site www.prixdeleau.fr pour poursuivre l'enquête, qui essaiera de se pencher par la suite sur la question de la qualité de l'eau, un sujet justement abordé mardi par une autre association de consommateurs, UFC-Que Choisir.
D'après cette association, même si pour 97,5% de la population "globalement, l'eau est de bonne qualité grâce à la réglementation", "près de deux millions de consommateurs paient pour de l'eau significativement polluée".
Selon les analyses de l'UFC, l'agriculture est "à l'origine de près de 70% des pollutions" et sont donc concernées surtout des communes situées dans des zones d'agriculture intensive.
Lien vers le site de comparaison des tarifs de l'eau
http://www.20minutes.fr/article/902127/eau-france-passee-crible-associations-consommateurs

dimanche 18 mars 2012

Faire de l'eau avec du soleil, du vent ou la simple gravité

Faire de l'eau avec du soleil et du vent, pomper l'eau des rivières de montagne grâce à la simple gravité, rouler l'eau du puits plutôt que la porter en jerrycans sur la tête : des solutions simples, peu coûteuses et sans électricité foisonnent au Forum mondial de l'Eau.
"Le Bélier hydraulique reprend une technologie du XVIIIe siècle et 200 ans plus tard, nous sommes au Forum mondial de l'Eau pour faire la promotion de cette solution pour acheminer l'eau dans les villages isolés de montagne", explique Auke Idzenga de la Fondation AIDFI des Philippines.
Sa pompe n'a besoin ni d'électricité, ni de carburant, "il faut juste de l'eau courante, une rivière, et le dispositif utilise la force de gravité et la vitesse générée par cette eau pour produire la pression nécessaire", ajoute-t-il. S'il faut réparer, il suffit de disposer de charnières et de morceaux de pneumatiques.
Plus de 200 villages utilisent le "Bélier hydraulique" aux Philippines où il est géré par des associations d'usagers payant une petite redevance. Le dispositif coûte 8.000 dollars et permet d'alimenter jusqu'à 50 foyers.
Dans les pays pauvres sans réseau d'eau, femmes et enfants parcourent en moyenne 6 km chaque jour en portant des jerricans de 20 kg sur la tête. Le "Hipporoller" leur rend la tâche plus facile. "Il a été inventé par des militaires qui se sont dits pourquoi ne pas mettre l'eau dans une roue et la rouler", raconte le promoteur sud africain de ce conteneur rond de 50 litres muni d'une barre métallique permettant de le tirer ou de le pousser.
Le Hipporoller coûte 95 euros, dure entre 5 et 7 ans, ce qui représente environ 2 euros par personne et par an pour une famille de 10 personnes.
De l'eau à partir de l'air
Un conteneur standard, comme ceux transportés par les cargos, aménagé de parois intérieures semblables à un réfrigérateur, surmonté d'une éolienne rudimentaire capte l'air par trois orifices. Exposé au soleil et avec l'energie fournie par le vent, l'"Aquaplenty" peut fournir jusqu'à 1.000 l d'eau par jour.
"C'est en fait de l'eau de pluie naturelle, le principe est celui des nuages qui apportent l'eau", souligne Hans van der Vliet, le concepteur hollandais. Seule condition pour que ça fonctionne: une température extérieure d'au moins 15 degrés.
Le soleil permet aussi de désinfecter l'eau très simplement. Des bouteilles en plastiques remplies d'eau contaminée sont disposées sur un toit en tôle et les rayons UV détruisent microbes et bactéries.
Pour savoir quand l'eau est potable, on visse un petit boîtier muni d'un capteur solaire sur le goulot de l'une des bouteilles. "Un smiley souriant indiquera que la décontamination est réussie, il faut compter un minimum de 6 heures et la durée est bien sûre fonction de la saison et de l'intensité de l'ensoleillement", précise Angelika Stadelmann, responsable de la start-up autrichienne Helioz.
Au Nicaragua, où l'ouragan Mitch a détruit les réseaux de distribution d'eau en 1998, l'ONG Céramiques pour la paix a lancé le "Filtron". Il ressemble à un pot de fleur, peut contenir jusqu'à 7 litres d'eau dont la salubrité est douteuse et la rend bonne à boire en quelques heures "après avoir éliminé 99,98% des parasites", affirme Beverly Pillers, responsable de l'ONG.
http://www.20minutes.fr/article/898927/faire-eau-soleil-vent-simple-gravite

samedi 17 mars 2012

1% de la facture d'eau des Français pour les pays en développement

FORUM MONDIAL DE L'EAU - C'est le principe de la loi Oudin-Santini, appliquée depuis 2005...

Lorsqu'un Parisien prend sa douche, il contribue à assurer une distribution adéquate d'eau potable aux habitants de la ville palestinienne de Jéricho. 1% de sa facture d'eau est en effet consacré à des projets d'aide à l'accès à l'eau et à l'assainissement des pays pauvres. Le dispositif, datant de 2005 avec l'adoption de la loi Oudin-Santini, propose aux communes et agences de l'eau de consacrer jusqu'à 1% des factures payées par les consommateurs à des coopérations décentralisées dans des pays en développement. Plus de 200 communes ont mis ce système en oeuvre et la France a plaidé mercredi à Marseille pour son adoption à l'échelle européenne.
En 2010, ce 1% des factures d'eau a généré 24 millions d'euros. «Mais le potentiel annuel est de 67 millions si c'était généralisé en France», relève Cassilde Brénière, responsable du secteur Eau à l'Agence française de développement. «A Paris, le 1% rapporte environ un million d'euros par an», explique à l'AFP Anne Le Strat, adjointe au maire et responsable de la Régie Eau de Paris. Avec 43 projets menés dans 22 pays, la capitale y participe depuis l'origine, comme Lyon qui y consacre 0,4% des recettes des services de l'eau et de l'assainissement pour aider des communes de Madagascar notamment. En Alsace, 450 communes du Bas-Rhin, regroupées en syndicat, participent à l'amélioration de la gestion de l'eau des départements du Mbam et Inoubou au Cameroun. Les Alsaciens fournissent l'expertise, les ingénieurs camerounais viennent en formation en France. Les agences de l'eau d'Artois-Picardie et de Loire-Bretagne sont engagées au Mali. La liste est longue.

La marchandisation de l’eau dénoncée par les ONG

«On est très clairement dans un souci de solidarité internationale, il n'y a pas d'intérêt lucratif, contrairement au privé, nous on ne vend pas de marché et on n'ira pas exploiter les services de l'eau de tel ou tel pays», précise d'entrée Anne Le Strat. Très présents au Forum mondial de l'Eau cette semaine à Marseille, les grands groupes plaident, eux, pour leur engagement à l'étranger alors que les militants écologistes dénoncent «la marchandisation de l'eau» dans les débats.
Pour Jéricho, à la demande de l'Autorité palestinienne et de la municipalité, les experts parisiens ont aidé à dresser un diagnostic de l'état des sources de cette ville de 30.000 habitants. «Depuis l'an dernier, on est dans la phase de réalisation des travaux pour alimenter correctement l'ensemble de la ville en eau» d'ici 2013, indique Anne Le Strat. Une grande ville comme Paris dispose «de beaucoup de compétence, de personnel technique qualifié et de montants financiers très importants à engager», souligne la responsable. «Et puis c'est toujours bon pour les personnels d'aller voir ailleurs comment ça se passe», lance-t-elle.
Au Mali, un collectif de migrants a demandé l'aide de Paris pour apporter l'eau aux villages de la région de Kayes. Cette association finance le projet avec un montage «que nous avons aidé à mettre sur pied pour construire le château d'eau et installer des bornes publiques» de distribution, précise Anne Le Strat. La solidarité n'est pas l'apanage des grandes villes: trois petites communes Bousbecque (Nord), Couëron (Loire-Atlantique) et Verrières-le-Buisson (Essonne) mobilisent entre 1.500 et 5.000 euros par an, à quoi s'ajoutent des soutiens des agences locales de l'eau et d'ONG. Au total elles ont réuni un budget de 650.000 euros sur 3 ans pour créer un service municipal de l'eau à Zorgho au Burkina Faso.
http://www.20minutes.fr/article/897993/1-facture-eau-francais-pays-developpement

jeudi 2 février 2012

Solidarités International demande le silence pour les victimes de l'eau non potable

EAU - Une minute s'écoule et sept personnes meurent parce qu'elles n'ont pas accès à une eau potable. Pour lutter contre cette injustice, l'ONG Solidarités International a décidé de créer la plus grande minute de silence. Une pétition silencieuse pour rendre hommage aux victimes de l'eau non potable et éveiller les consciences. Alors, internautes, à vos webcams...

Le silence pour se faire entendre
D’habitude, pour manifester et faire entendre sa voix, on fait du bruit, on scande des slogans, on descend dans la rue. A chaque fois, il s’agit de faire entendre sa voix.
Solidarités International prend le contre-pied des manifestations habituelles en créant la plus grande minute de silence.
Pour participer, il suffit d’aller sur le site laminute.solidarites.org, de donner son nom, prénom et mail et de vous enregistrer à l’aide de votre webcam en train de faire cette minute de silence. Ensuite, partagez cette minute sur Facebook et Twitter pour mobiliser votre entourage. 103.403 personnes ont déjà signé la pétition et 413 minutes ont été enregistrées.
Le Forum de l’Eau, une occasion de toucher plus de politiques
Solidarités International apportera sa
pétition et ces minutes de silence au Forum Mondial de l’Eau qui se déroulera à Marseille du 12 au 17 mars prochain. L’ONG transmettra ses propositions et recommandations aux autorités publiques présentes. Pour enrayer la première cause de mortalité dans le monde, soyez silencieux.
L’opération «la minute» n’est pas la première campagne originale de Solidarités International. C’est la troisième année que l’ONG se démarque par son inventivité. En 2010, l’ONG avait installé un mur d’eau de 5 m de haut sur la place du Palais Royal à Paris. Sur ce mur, on pouvait lire «Je tue plus que le cancer, je tue plus que le sida, je tue plus que la guerre, je suis l’eau non potable». En 2011, Solidarités International surprenait de nouveau les Français avec la vidéo «Water Ink» diffusée à la télévision, au cinéma et sur le web.
Faut-il filtrer l’eau du robinet?

http://www.20minutes.fr/article/871380/solidarites-international-demande-silence-victimes-eau-non-potable

mercredi 16 novembre 2011

Pékin dessale l'eau de mer pour approvisionner ses 20 millions d'habitants

Des centaines de kilomètres de canalisation vont être installés pour relier la capitale chinoise aux usines de désalinisation...
D’ici cinq ans, Pékin pourrait être alimentée en eau de mer dessalée pour répondre à la demande croissante de ses habitants en eau, rapporte China Daily. Un projet vient d’être lancé par les autorités chinoises afin de relier la capitale à une nouvelle station de désalinisation située dans la baie de Bohai, grâce à des pipelines de 230km. La station coûtera 430 millions de yuans (48,9 millions d’euros) et devrait produire 100.000 mètres cubes d’eau par jour en 2012, puis un million de mètres cubes d’ici à 2015.
Il existe déjà 65 usines de dessalement en Chine, qui fournissent plus de 600.000 mètres cubes d’eau par jour. Mais avec une demande en eau potable qui avoisine les trois millions de mètres cubes quotidiens, Pékin a besoin de nouvelles sources. Toutefois, le dessalement de l’eau de mer présente l’inconvénient d’être très coûteux en énergie, et pourrait faire considérablement augmenter le prix de l’eau.
Autre inquiétude soulevée par ce projet: la pollution de la baie de Bohai, victime d’une marée noire en juin dernier, se retrouvera-t-elle dans les eaux de Pékin? Selon un expert de l’université de Tsinghua, rien à craindre: l’eau sera retraitée et ne présentera pas de risques pour la population.
http://www.20minutes.fr/article/823616/pekin-dessale-eau-mer-approvisionner-20-millions-habitants

jeudi 4 août 2011

Pour le DG de Suez-Environnement, «les volumes d'eau consommés vont baisser, pas la facture annuelle»

Jean-Louis Chaussade, Directeur Général de Suez-Lyonnaise des Eaux, présentait ce mercredi à Paris les résultats semestriels de son groupe. Il estime que les changements à venir dans le secteur de l'eau vont contraindre son entreprise «à revoir ses business model»...
La gestion de l’eau ne coule pas comme un fleuve tranquille. En marge de la présentation des résultats du premier semestre de son groupe, qui affichent une hausse du chiffre d’affaires de 11,8% pour un résultat net de 221 millions d’euros, Jean-Louis Chaussade, DG de Suez-Lyonnaise des Eaux, estime que ce secteur est à un tournant historique et va connaitre de profonds changements dans les années à venir. «Plus que le climat, la problématique de l’eau va devenir la plus sensible. Les grands défis de l’eau dans le monde vont être colossaux.» Le traitement de l’eau potable, ou l’acheminement de l’eau dans les zones désertiques, font partie de ces défis majeurs.
Pour la France le problème est tout autre, mais il n’en est pas moins de taille. Le DG de la Lyonnaise a expliqué «être obligé de revoir les business model» du groupe. «Sur l’eau, nous sommes en train de passer d’un système de volume à un système de valeur.» Il fait référence à l’annonce, mi-juillet, de la ministre de l’Environnement Nathalie Kosciusko-Morizet, d’un plan pour que la France baisse de 20% sa consommation d’eau d’ici à 2020. Pour cela elle entend mettre à contribution les grands groupes industriels, pour qu’ils réduisent le taux de fuite dans les réseaux d’eau potable des collectivités, ou qu’ils recyclent l’eau usagée en eau d’arrosage.

En France, «il y aura des problèmes de pollution émergente à traiter en raison de l’urbanisation»

«Les volumes consommés vont baisser, prévient Jean-Louis Chaussade, mais pas la facture annuelle de nos clients, car il y a des coûts fixes, des services clientèles, des mesures de précaution» qui ne baisseront pas, voire devront se renforcer. Ainsi, s’il estime que «la qualité des eaux en France est bonne, il n’empêche qu’il y aura des problèmes de pollution émergente à traiter, des pollutions qu’on ne connaît pas encore, ou peu, mais qui grandiront au fur et à mesure que les villes deviendront de plus en plus importantes.» Le DG prend en exemple la récente pollution au perchlorate d’ammonium, que la communauté urbaine de Bordeaux a connu au mois de juillet. «Le perchlorate, personne ne connaissait en France. En quelques jours la Lyonnaise s’est mobilisée pour mettre en place un système permettant le mélange des eaux, et ainsi abaisser les taux de ce produit chimique.» Autre coût qui devrait plomber la facture: La Lyonnaise prévoit de développer tout un système de «smart grids» pour la détection des fuites et la gestion des réseaux.
Tous ces éléments, «il faut les faire comprendre à nos clients», principalement des collectivités. C’est pourquoi Suez expérimente deux nouveaux modèles de gouvernance, à Orléans et Rouen. Une société dédiée à la gestion du réseau de chacune ces deux villes a été créée, dans laquelle des représentants de nos clients ou de la société civile locale participent». Ceci «dans un souci de transparence sur le fonctionnement de l’entreprise.»
Un modèle que la Communauté urbaine de Bordeaux ne devrait pas tester. Elle va effectivement revenir à une gestion en régie publique de l’ensemble du service de l’eau d’ici en 2018. Un pas que la Ville de Paris a déjà franchi
http://www.20minutes.fr/article/765778/dg-suez-environnement-les-volumes-eau-consommes-vont-baisser-facture-annuelle

vendredi 20 mai 2011

Au robinet, en bouteille, la vérité sur l’eau

Claire comme de l’eau de roche. » Peut-on encore appliquer cette vieille expression populaire à l’eau que nous buvons tous les jours? Après avoir fait analyser par un laboratoire de référence l’eau du robinet dans une quarantaine de villes françaises, le WWF a détecté la présence de résidus de pesticides, de nitrates, d’aluminium et même d’hydrocarbures aromatiques.
Certaines eaux en bouteille, également passées au crible par l’association écologiste, contenaient elles aussi des traces de nitrates, d’aluminium, d’antimoine ou de plomb!

D’après cette enquête, que nous dévoilons en exclusivité, « plus de 90% des eaux de ville testées présentaient des teneurs quantifiables en nitrates et plus de 50% étaient contaminés par de l’aluminium qui pourrait provenir en partie des traitements de l’eau avant distribution ».
Moins de polluants dans les villes« D’un point de vue purement réglementaire, les eaux du robinet que nous avons testées respectent globalement les normes, mais dix-neuf molécules ont été détectées, notamment des contaminants chimiques qui n’ont rien à faire dans l’eau potable comme l’atrazine déséthyl, un pesticide interdit depuis 2003 », détaille Cyrille Deshayes, chargé du dossier au WWF.
Les concentrations en micropolluants découverts dans les eaux en bouteille étaient aussi inférieures aux normes réglementaires actuelles, mais l’association s’étonne d’avoir détecté des traces de nitrates dans certaines eaux minérales de marque. « Le taux de nitrates est affiché sur nos bouteilles et s’il a toujours été inférieur aux limites légales et n’a pas changé depuis vingt ans, c’est parce que nous protégeons nos captages, explique un porte-parole de Nestlé Waters, qui commercialise les eaux de Vittel et de Contrex. Sur l’ensemble des périmètres autour de la source, nous appliquons par ailleurs une politique de zéro pesticide».
Ces résultats n’étonnent pas non plus la directrice générale adjointe de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses). « L’eau passe par des terrains naturels avant d’être mise en bouteille et il est possible qu’on découvre des traces de nitrates qui peuvent être liées à des résidus d’usage agricole, mais il n’y a pas de risque pour la santé, affirme Valérie Baduel. L’eau est par ailleurs l’aliment le plus contrôlé en France avec huit millions d’analyses tous les ans rien que sur l’eau du robinet. »
Le WWF rappelle toutefois qu’en 2008 « cinq millions de Français ont bu au moins une fois une eau non conforme aux normes en matière de pesticides ». « Et il y a un vrai déséquilibre entre l’eau distribuée dans les petites communes rurales et celles qui alimente les grosses agglomérations, souligne Hélène Roche, présidente du conseil scientifique du WWF. Dans les grandes villes, les contrôles sont très réguliers, mais en zone rurale les analyses sont peu nombreuses car le coût est trop élevé pour être supporté par les petites communes. Résultat : près de 80% des prélèvements non conformes concernent les réseaux d’eau les plus petits. »
« Nous tirons la sonnette d’alarme depuis trente ans en disant que les nappes phréatiques sont de plus en plus contaminées et l’augmentation constante de molécules chimiques dans les eaux de boisson ne peut que nous inquiéter car on boit de l’eau tous les jours », poursuit Cyrille Deshayes. Le WWF craint « l’effet cocktail de ces résidus » et l’impact « à long terme » de cette « exposition à faibles doses » sur la santé des Français.
http://www.leparisien.fr/societe/au-robinet-en-bouteille-la-verite-sur-l-eau-19-05-2011-1456519.php

mardi 7 décembre 2010

Eau : l’Afrique va échouer à remplir les objectifs du millénaire selon l'Onu

Selon le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), la plupart des pays africains vont échouer à remplir les objectifs du millénaire fixés par l'Onu. Seulement huit des 53 pays du continent devraient réussir à réduire de moitié le pourcentage de leur population sans accès à un système d'épuration des eaux, d'ici 2015.
L'Algérie, le Maroc, la Tunisie, la Libye, le Botswana, l'Angola, l'Afrique du Sud et l'Egypte seront les seuls qui parviendront à remplir les objectifs du millénaire sur l'eau, s'inquiète le PNUE.


Selon l'AFP, seulement 242 millions de personnes en Afrique sur plus d'un milliard avaient accès à un système d'épuration des eaux en 2006, et les objectifs du millénaire arrêtés en 2000 par l'Onu impliqueraient que 370 millions de personnes supplémentaires en bénéficient d'ici 2015.


En revanche, la situation est un peu meilleure concernant l'accès à l'eau potable, même si "à présent, seulement 26 des 53 pays du continent africain sont sur les rails pour atteindre cet objectif", relève le PNUE.


En Afrique, 341 millions de personnes n'avaient pas accès à une eau potable en 2006. Selon le PNUE, les progrès restent "insuffisants par rapport à la croissance démographique" du continent.


L'AFP rappelle que l'Afrique abrite 15% de la population mondiale mais seulement 9% des réserves d'eau.


http://www.maxisciences.com/eau/eau-l-afrique-va-echouer-a-remplir-les-objectifs-du-millenaire-selon-l-039-onu_art10716.html

samedi 6 novembre 2010

A Vittel, Nestlé met du vert dans l'or bleu

Pour préserver son eau minérale, la multinationale Nestlé y finance, depuis vingt ans, la conversion au zéro pesticide d'une zone de 10 km2. Au lendemain de la Conférence internationale sur la biodiversité de Nagoya, cette expérience fait figure d'exemple atypique de collaboration entre une entreprise, des collectivités locales et des agriculteurs, ayant pour objectif la protection d'un écosystème naturel.
Sur les collines vosgiennes de Vittel, la bise glacée fait onduler les prairies. On s'y roulerait presque. Et on aurait raison. Depuis vingt ans, plus un gramme de pesticide n'est pulvérisé dans les champs du bassin minéralier. Ornithologues et entomologistes ont vu s'accroître le nombre d'oiseaux et de papillons. Ce paradis écolo n'est pas l'oeuvre d'un groupe de baba-cool mais d'une multinationale de l'agro-alimentaire.


Alors que vient de se clore la Conférence internationale sur la biodiversité de Nagoya, l'expérience attire les regards : comment une multinationale, des collectivités territoriales et une quarantaine d'agriculteurs ont-ils pu collaborer pour protéger un écosystème naturel ? Pour Nestlé, propriétaire de la marque Vittel, ces terres, débarrassées de traitements chimiques, sont le résultat de deux décennies d'efforts. Elles protègent une corne d'abondance. Sous les bottes des agriculteurs, l'eau de pluie, emprisonnée, puis filtrée par les roches calcaires, ressort de terre sous forme d'eau minérale. Sur les 10 kilomètres carrés du bassin de captage, trois sources - Hépar, Contrex et Vittel Grande Source - alimentent le business de la branche des eaux de Nestlé. 1,3 milliard de bouteilles d'or bleu sortent chaque année de l'usine d'embouteillage.


UNE EXPÉRIENCE PILOTE


Mais le filon a bien failli s'épuiser. Au milieu des années 80, Guy de la Motte-Bouloumié, alors PDG de la société des eaux, lance l'alerte. Les taux de nitrate dans les eaux de ruissellement commencent à donner des sueurs froides à l'industriel. La faute au maïs qui vient de faire une entrée fracassante dans les champs alentours. Les girondes laitières qui paissent à Vittel sont désormais nourries aux tourteaux, eux-mêmes produits à grandes rasades de produits phytosanitaires. Or l'eau minérale est strictement réglementée. Une goutte de chimie supplémentaire dans le cocktail souterrain, et c'est la fin de la poule aux oeufs d'or.... lire la suite de l'article sur Le Monde.fr


http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/10/30/a-vittel-nestle-met-du-vert-dans-l-or-bleu_1433394_3244.html#xtor=AL-32280184

mardi 14 septembre 2010

Inverser le cours des fleuves : une mauvaise idée écolo qui n’est pas tombée à l’eau !

Inverser le cours des fleuves pour lutter contre la sécheresse : le projet de l’ex-URSS refait surface après un forum économique qui a réuni les présidents du Kazakhstan et de la Russie.

Ne doit-on pas nous interroger sur l’impact de nos connaissances scientifiques et de nos capacités technologiques qui sont censées réparer nos problèmes écologiques ? Es-ce plus facile de mettre en place un objectif environnemental en modifiant ce que la nature a mis des millions d’années à construire, plutôt qu’en réparant le changement climatique à sa source ? En résumé, la technique répare-t-elle tout ? Telles sont les questions que nous pouvons nous poser en apprenant l’idée de « génie » russe : inverser le cours des fleuves pour lutter contre la sécheresse en Asie Centrale.

Un vieux projet sorti des oubliettes

Dès les années 1930, les soviétiques avaient un grand projet, très « scientifique » : pour réparer « l’aberration » géophysique, qui avait donné toute l’eau disponible aux régions glaciales et inhabitées proches de l’océan Arctique et oublié les zones très peuplées d’Asie Centrale, il fallait renverser les fleuves de Sibérie. Des plans ont été réalisés et la technique scientifique s’est peaufinée afin d’inverser le cours des fleuves et lutter contre la sécheresse. Les antilopes avaient même des sentiers tous tracés pour gambader dans cette nouvelle géographie ! Jusqu’à ce que Gorbatchev enterre le projet en 1986, face à la pression des écologistes.

Une aberration qui refait surface

En réunion lors d’un forum économique avec son homologue russe Dmitri Medvedev, le président kazakh Noursoulan Nazarbaïev a proposé de se souvenir un peu de cette vieille idée russe et de l'utiliser afin de palier au problème de l’approvisionnement en eau de l’Asie Centrale. De son côté, le président russe a souligné que la gestion de l’eau dans son pays se détériorait et n’excluait aucune piste pour fournir cette ressource à tous…même les moins écolos. Inverser le cours des fleuves pour lutter contre la sécheresse d’Asie centrale refait donc surface !

Sciences sans conscience n’est que ruine de l’âme

Pour permettre l’accès à l’eau à tous, la technique de « dérivation des fleuves » est assez évoluée. Encore faudrait-il installer de grandes stations électriques ! Mais les conséquences d’un tel projet sur Dame nature, quelles sont-elles ? Les écologistes parlent d’assèchement du grand nord – avenir radieux pour cette partie du monde, quand on pense à la Mer d’Aral asséchée par des dérivations du même type - multiplication des incendies, ou encore menaces sur les exploitations de gaz et de pétrole dans les régions polaires de la Russie. Le pire, c’est qu’inverser le cours des fleuves ne résoudra pas le problème ! Une dérivation des eaux du nord de la Russie conduirait à la perte par infiltration ou évaporation de 50% de l’eau sur le chemin…
http://www.greenzer.fr/russie-inverser-cours-fleuves-3081

vendredi 10 septembre 2010

Des crevettes sentinelles de l'eau

Bottes de pêcheur aux pieds, mains gantées de latex, Jérémie Lebrun, postdoctorant à l'Institut de recherche en sciences et technologies pour l'environnement (Cemagref), cale son épuisette au fond du ruisseau, devant une grosse pierre qu'il retourne. 'Une belle niche !', lance-t-il à ses collègues.
Des bestioles gris-brun grouillent sur le caillou, que le courant entraîne au fond du filet. Le chercheur déverse sa collecte sur un tamis, qu'une thésarde, Cécile Michel, arrose à grands seaux. Restent des individus de dimension calibrée : environ deux centimètres, la taille de jeunes adultes. Martine Perret, étudiante en master, les transvase un à un dans une bouteille pendant que le chercheur relève le potentiel hydrogène (pH) et la température de l'eau.

En une heure, les trois 'orpailleurs' ont recueilli 1 500 amphipodes aussi précieux à leurs yeux que des pépites : des gammares (Gammarus pulex), crevettes d'eau douce communes dans les cours d'eau, qui leur serviront de cobayes. Tous les deux mois, ils viennent s'approvisionner à Doue (Seine-et-Marne), dans un ruisselet dont la pureté est régulièrement contrôlée. Et y cueillent des feuilles d'aulne dont se nourrissent les petits animaux.

De retour au laboratoire, au siège d'Antony (Hauts-de-Seine) du Cemagref, les gammares sont transférés dans des bacs, et conservés dans une armoire dont la température et la luminosité sont ajustées sur celles du milieu naturel. Peu à peu, l'eau du ruisseau est remplacée par de l'eau de source peu minéralisée. Puis les crevettes sont réparties dans des béchers, où les chercheurs ajoutent des concentrations de plus en plus élevées de solutions minérales : cadmium, plomb, cuivre, zinc ou nickel.

A chaque étape, des spécimens sont prélevés, desséchés, décomposés par de l'acide nitrique, puis analysés par un spectromètre à absorption atomique, qui détermine leur teneur en métaux. D'autres, plus chanceux, sont replongés dans des bains d'eau fraîche, où sont observés leurs mécanismes de dépuration.... lire la suite de l'article sur Le Monde.fr
http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/09/03/des-crevettes-sentinelles-de-l-eau_1406318_3244.html#xtor=AL-32280184