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lundi 4 octobre 2010

OGM : fronde contre le système à la carte de Bruxelles

Les ministres de l'agriculture des Vingt-Sept ont mis en cause, lundi 27 septembre à Bruxelles, la proposition de la Commission européenne de laisser aux Etats la décision d'interdire ou non la culture de plantes OGM sur leur territoire. Présentée en juillet, cette perspective pourrait permettre, d'après le commissaire chargé de la santé John Dalli, de débloquer le dispositif actuel d'autorisation des OGM au niveau européen. Mais elle suscite un vif débat
La France et l'Italie ont mené la fronde, avec le soutien de la plupart des autres pays agricoles, notamment l'Allemagne et l'Espagne.


Ces pays se disent préoccupés par un risque de 'renationalisation' de la politique agricole commune, et de fragmentation du marché intérieur. D'après le ministre français, Bruno Le Maire, 'la France souhaite que la décision reste commune. Aller vers des décisions nationales serait un mauvais signal pour la politique agricole commune'. Comme l'Allemagne, la France s'interroge aussi sur la compatibilité de la réforme avec les règles de l'Organisation mondiale du commerce, qui pourrait contester l'interdiction des cultures sans justifications fondées.


Quelques pays, dont le Royaume-Uni et les Pays-Bas, ont néanmoins apporté leur soutien à la proposition. 'Nous devrions donner à nos agriculteurs un choix réel et la possibilité de lutter au niveau mondial', estime Gerda Verburg, la ministre néerlandaise de l'agriculture. Les Pays-Bas plaident pour plus de flexibilité dans le système d'autorisation, afin de surmonter les réticences de nombreuses capitales à autoriser certains OGM. 'Le système actuel d'autorisation ne fonctionne pas', a martelé John Dalli, pour défendre son initiative. A ce jour, seuls deux OGM sont cultivés en Europe : le maïs 810 de l'américain Monsanto, et la pomme de terre Amflora du groupe allemand BASF.


Les réactions des ministres de l'agriculture donnent une bonne idée de la complexité d'une telle réforme, même si ce sont leurs collègues chargés de l'environnement qui trancheront. 'Ce n'est pas en un ou deux mois que nous trouverons un compromis et un consensus', a observé la ministre belge de l'agriculture, Sabine Laruelle, dont le pays préside les Vingt-Sept ce semestre.
http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/09/28/ogm-fronde-contre-le-systeme-a-la-carte-de-bruxelles_1416991_3244.html#xtor=AL-32280184

mardi 28 septembre 2010

Des experts préconisent plus d'études avant la commercialisation du saumon OGM

Le feu vert pour commercialiser du saumon transgénique n'est pas encore donné. Un comité d'experts indépendants a recommandé, lundi, à l'autorité américaine de réglementation des médicaments et des aliments (FDA) de procéder à davantage d'analyses avant d'autoriser la mise sur le marché d'un saumon qui serait le premier animal OGM à garnir les assiettes des Américains
Tout en reconnaissant généralement que ce saumon modifié génétiquement, grossissant deux fois plus vite, paraît sans danger pour la consommation humaine, ces experts ont néanmoins jugé souhaitable de procéder à plus d'études avant de le commercialiser. 'Nous adressons un message disant que davantage d'études sont nécessaires', a notamment résumé le docteur vétérinaire David Senior, de l'Université de Louisiane, président du comité de quatorze experts consulté par la FDA. 'Le comité n'a pas dit à la FDA d'approuver ou de refuser la mise sur le marché mais qu'ils avaient de nombreuses réserves quant aux études présentées', a précisé Jaydee Hanson, du Center for Food Safety, groupe de défense des consommateurs selon qui cela va probablement retarder le feu vert pour la commercialisation.

Le comité n'a pas voté, mais des membres ont jugé certaines données 'insuffisantes' pour déterminer avec une certitude suffisante l'innocuité de ce saumon OGM proposé par la société américaine AquaBounty Technologies. La FDA n'est pas tenue de suivre les recommandations de ces comités consultatifs mais en tient compte généralement. Basé sur le dossier remis par AquaBounty, les experts internes de la Food and Drug Administration ont déjà effectué leur évaluation des mérites et risques de ce saumon, et conclu début septembre qu'il était sans danger pour la consommation humaine et l'environnement.

Ces saumons peuvent atteindre une taille adulte entre 16 et 18 mois, contre 30 mois pour les saumons de l'Atlantique d'élevage grâce à un gène produisant une hormone de croissance importé du saumon quinnat du Pacifique. Selon AquaBounty, il faudra deux à trois ans après l'autorisation de la FDA pour que ces saumons OGM arrivent dans les supermarchés. Mais une coalition regroupant 31 organisations de défense des consommateurs et de l'environnement entend s'y opposer.
http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/09/21/saumon-ogm-des-experts-preconisent-plus-d-etudes-avant-sa-commercialisation_1413803_3244.html#xtor=AL-32280184

mercredi 8 septembre 2010

Colmar, France - Le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire et la ministre chargée de la Recherche, Valérie Pécresse, se sont rendus mardi sur la parcelle expérimentale de vigne transgénique saccagée la semaine dernière à Colmar. Le gouvernement a promis son aide financière pour relancer la recherche menée à l'Institut national de la recherche agronomique (Inra). Lire la suite l'article
Après le saccage de soixante-dix pieds de vigne par des militants anti-OGM sur le site de Colmar, le gouvernement est venu apporter son soutien à l'Inra, Bruno Le Maire lui promettant "les moyens financiers nécessaires pour qu'il puisse relancer ses recherches".L'expérimentation vise à trouver un moyen de lutter contre la maladie du court-noué, un virus transmis par un ver et qui affecterait 60% des vignes françaises. Mais après sept ans de recherche, les équipes semblent découragées, a déploré le directeur de l'Inra de Colmar, Jean Masson. "Je suis retourné. La recherche, ce sont des gens qui travaillent, qui s'investissent, et quand vous leur tapez dessus tout le temps, à la fin du compte, ça fait mal" a-t-il déclaré. Et le ministre de l'Agriculture de lui répondre : "Je comprends ce désarroi, mais on est là pour lutter contre le découragement, pour dire "ça vaut le coup"".Rappelant que les OGM détruits n'étaient pas destinés à être commercialisés, mais seulement à la recherche fondamentale, Valérie Pécresse estime nécessaire que la France ait des "chercheurs capables de mesurer le potentiel et le danger des OGM". Si cela ne pouvait pas être le cas, "nous importerons, nous consommerons des produits qui nous seront imposés par d'autres et dont nous ne connaîtrons pas les effets ni sur l'environnement ni sur la santé" a-t-elle souligné.
http://www.maxisciences.com/ogm/ogm-le-gouvernement-promet-son-aide-pour-les-vignes-de-colmar_art8894.html