mardi 18 mai 2010

D'ici 40 ans, tous les poissons pourraient avoir disparu des océans

Si les différentes estimations que nous avons reçues se réalisent, alors nous sommes dans une situation où effectivement, dans 40 ans, nous n'aurons plus de poisson", a déclaré lundi 17 mai Pavan Sukhdev, directeur de l'Initiative pour une économie verte du Programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue), à New York.

Selon le rapport sur l'économie verte que le Pnue et divers experts doivent rendre public dans le courant de l'année et qui a été présenté en avant-première lundi, 30% des réserves ont ainsi déjà disparu et l'ensemble des activités de pêche risque de ne plus être rentable d'ici 2050.



Des flottes toujours plus grosses

Or, cette chute des réserves de poissons de la planète est un problème écologique mais aussi une question de subsistance pour un milliard de personnes, souvent originaires de pays en développement et dont le poisson constitue la seule source de protéines.

Le rapport sur l'économie verte estime en effet que 35 millions de personnes vivent de la pêche dans le monde, que 170 millions d'emplois en dépendent de manière directe ou indirecte et qu'en tout 520 millions de personnes y sont financièrement liées.

Principal fléau à combattre, selon le rapport: les subventions des gouvernements à des flottes toujours plus grosses pour des prises toujours plus maigres, et qui ne laissent pas le temps aux ressources de se reconstituer.

Les capacités des flottes de pêche sont "50 à 60%" supérieures à ce qu'elles devraient être, selon Pavan Sukhdev.



Création de zones préservées

Mais, selon le rapport sur l'économie verte, cette catastrophe peut être évitée si l'on taille dans les subventions aux flottes de pêche et si des zones protégées sont mises en place pour les poissons, ce qui à terme pourrait aboutir à une industrie de la pêche florissante.

Il préconise en effet la création de zones marines préservées permettant aux poissons femelles d'atteindre la taille adulte, augmentant ainsi sensiblement leur fertilité, jugeant qu'il s'agit d'une solution vitale.

Il conseille aussi de revoir la taille des flottes de pêche pour favoriser des bateaux plus petits. "Les solutions sont sous la main, mais la volonté politique et une économie ordonnée sont nécessaires", a insisté Pavan Sukhdev.

Le monde "épuise le capital" dont il a besoin, a souligné le directeur du Pnue, Achim Steiner. Cependant, "nos institutions, nos gouvernements sont parfaitement capables de changer de voie", a-t-il ajouté, précisant qu'une trentaine de pays collaboraient avec le Pnue et que d'autres étaient en train de réviser leur politique en matière d'environnement.

(Nouvelobs.com)

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