lundi 14 mai 2012

Agriculture: Les pesticides reconnus coupables de la maladie de Parkinson

Un décret inscrit officiellement la maladie de Parkinson comme une maladie professionnelle pour les agriculteurs...
Encore une bataille gagnée pour les agriculteurs victimes des pesticides. Après la victoire de Paul François en justice contre le groupe Monsanto, un décret publié le 6 mai inscrit la maladie de Parkinson comme une maladie professionnelle, ouvrant ainsi le droit à une indemnisation pour les malades. Mais le principal progrès réside peut-être dans le lien fait entre l’usage des pesticides et cette maladie, qui n’avait encore jamais été reconnu.

«Il faut que les fabricants mettent la main à la poche»

«Cela va faciliter les démarches des malades, qui pour l’instant se voyaient opposer un refus de prise en charge par la mutuelle agricole dans quatre cas sur cinq, se félicite Paul François, président de l’association Phyto-victimes. Certains agriculteurs vont aussi peut-être maintenant faire le lien entre l’usage de pesticides et leurs troubles. La reconnaissance morale, enfin, est très importante pour les malades.» L’indemnisation, même si «elle ne guérit pas les gens», leur permettra d’embaucher du personnel pour les seconder dans leur exploitation lorsque la maladie est invalidante.
Lui-même victime de troubles neurologiques à la suite d’une intoxication au Lasso, Paul François pense que les firmes qui fabriquent les produits devraient prendre leur part de responsabilité. «C’est la mutuelle qui indemnise, donc ce sont nos cotisations et la société toute entière qui paye ces dégâts. Il faudrait demander aux fabricants de mettre la main à la poche.» En l’absence de lien scientifiquement établi entre les maladies et les pesticides, les agrochimistes comme Monsanto avaient une réponse toute faite: un produit n’est pas dangereux s’il est utilisé dans les conditions préconisées. «Mais est-ce qu’on pense aux riverains et aux consommateurs?», réplique l’agriculteur charentais.

Des homologations de produits plus draconiennes

Avec ce décret, ce sont maintenant les molécules elles-mêmes qui sont incriminées: «Plutôt que de penser en volume, comme le propose le plan Ecophyto, il faut simplement retirer ces produits de la vente», demande Paul François, qui milite également pour que les homologations des produits ne soient plus données uniquement par le ministère de l’Agriculture mais aussi par celui de la Santé.
La prise de conscience devra aussi se faire du côté des agriculteurs: «Ceux qui étaient encore sceptiques prennent conscience qu’on ne peut plus utiliser n’importe quoi, qu’il faut diminuer les intrants. Malheureusement, on entend encore dire "On ne peut pas faire autrement" et ce discours est largement amplifié par les lobbyistes des firmes», déplore Paul François. «Il faut que ceux qui veulent faire du bio soient aidés et que les autres passent à une agronomie qui n’utilise la chimie qu’en dernier recours.»

Difficile de connaître le nombre de victimes

Quant à savoir combien d’agriculteurs ont été touchés par la maladie de Parkinson, difficile d’obtenir des chiffres. Selon Yves Cosset, médecin du travail national adjoint à la Mutuelle de la santé des agriculteurs (MSA), interrogé par Le Monde, vingt cas ont été rapportés aux comités de reconnaissance des maladies professionnelles en dix ans. Mais Paul François est convaincu qu’un plus grand nombre de paysans est atteint: «On constate une recrudescence de la maladie de Parkinson, en particulier chez les jeunes», témoigne-t-il. «Maintenant, il faudrait reconnaître aussi le cancer de la vessie et de la prostate chez les viticulteurs et les arboriculteurs, les cancers du sang et leucémies, et les cancers du cerveau.» La guerre contre les pesticides est encore loin d’être gagnée.

http://www.20minutes.fr/article/931911/agriculture-pesticides-reconnus-coupables-maladie-parkinson

dimanche 13 mai 2012

Accueillez la biodiversité sur votre balcon

A l'occasion de son centenaire, la Ligue de Protection des Oiseaux lance le programme «Mon balcon est un refuge LPO». Agrémenté de quelques plantes, de nichoirs à oiseaux et d'hôtels pour insectes en tout genre, votre balcon pourrait bien devenir un petit paradis pour la biodiversité. Explications en images à travers l'exemple d'un balcon LPO à Paris...
Pergola
Idéale pour les plantes grimpantes telles que le lierre commun, les clématites, le chèvrefeuille des haies ou des bois, le houblon, la vigne ou la bryone. Mais attention, toutes les plantes grimpantes ne sont pas capables de s’agripper seules sur un support. Vous pouvez dans un premier temps les aider à grandir grâce à des tuteurs, puis les attacher aux poteaux avec des petits fils de fer, sans trop serrer. La meilleure saison pour les planter est de septembre à avril.
Mangeoires boules de graisse
Ce type de mangeoire permet d’offrir aux oiseaux des boules de graisse, des cacahuètes (non grillées et non salées), ou des fruits décomposés (pomme, poire flétrie, raisin). Les aliments à base de graisse sont essentiels pour aider les oiseaux à passer l’hiver et maintenir leur température corporelle. Mais attention, la période de nourrissage des oiseaux doit intervenir uniquement en hiver en période de grand froid et de gel, soit de mi-novembre à fin mars. Au printemps la plupart des oiseaux changent de régime alimentaire et deviennent insectivores. En revanche, les oiseaux ont besoin d’eau tout au long de l’année. N’oubliez donc pas de disposer une coupelle d’eau sur votre balcon.
Gîte pour coccinelles
Les gîtes pour coccinelles aident ces insectes à passer l’hiver au chaud. Les coccinelles sont les meilleures alliées des jardiniers: les adultes sont capables de manger près de 150 pucerons par jour, et les larves encore plus. Une excellente alternative aux pesticides chimiques!
Gîte pour abeilles solitaires
Principaux pollinisateurs, ces insectes sont indispensables à la vie sur terre. Si l’abeille à miel sociale Apis mellifera est la plus connue, plus de 80% des abeilles sont solitaires. C’est-à-dire que chaque femelle construit son propre nid où elle dépose de la nourriture pour ses larves. Les gîtes pour abeilles solitaires sont constitués de tubes de bambous qui leur permettront de se reproduire.
Hôtel à insectes
Les hôtels à insectes sont spécialement conçus pour l’hivernage des abeilles, des coccinelles, mais aussi des chrysopes. Ces dernières se nourrissent de différents parasites, tels que les pucerons, les cochenilles farineuses, les aleurodes, les thrips ou les œufs d’acariens.
Stickers anticollision
Vous avez des vitres sur la terrasse de votre balcon? N’oubliez pas d’y coller des stickers ou des silhouettes anticollision. Le reflet des vitres donne souvent aux oiseaux l’illusion d’un endroit où se poser, et leur transparence ne leur permet pas de prendre en compte cet obstacle invisible dans leurs déplacements. Chaque année en France, des centaines de milliers d’oiseaux meurent après avoir heurté une vitre, d’autres survivent mais repartent avec des lésions internes.
Certifier votre balcon Refuge LPO
Faire certifier votre balcon «Refuge LPO» est très simple. Après vous être engagé à respecter la charte des Refuges LPO et avoir décrit votre projet, vous recevrez de la part de l’association un nichoir à mésanges, trois mini-guides pour bien aménager votre balcon et apprendre à reconnaître les oiseaux, ainsi que des codes d’accès vers le site participatif «Mon espace Refuges LPO». Il vous faudra tout de même débourser 35€ pour avoir accès à ces services.
Les collectivités et les entreprises peuvent également s’adresser auprès de la LPO pour s’engager dans des démarches en faveur de la biodiversité

http://www.20minutes.fr/article/931739/accueillez-biodiversite-balcon

vendredi 11 mai 2012

Microsoft devient neutre en CO2

Le groupe compensera sa consommation d'énergie tirée du charbon par des crédits carbone...
Le groupe informatique américain Microsoft s'est engagé mardi à avoir un bilan carbone neutre lors de son prochain exercice fiscal, qui débutera en juillet. «Le but est de rendre nos différentes divisions responsables du coût que représente la compensation de leurs émissions carbones», a expliqué le directeur d'exploitation de Microsoft, Kevin Turner, dans un communiqué. Il a ajouté que Microsoft n'était pas la première entreprise à rechercher un bilan carbone neutre, mais il a espéré que d'autres fassent de même.
Cette initiative intervient un peu plus de deux semaines après que l'organisation écologiste Greenpeace eut appelé Microsoft, ainsi que le distributeur en ligne Amazon, à utiliser des énergies propres pour leurs services d'informatique externalisée. Microsoft, Amazon, Apple et Twitter sont mal notés dans un rapport de Greenpeace sur l'impact du secteur des nouvelles technologies sur l'environnement, à la différence de Facebook, Google et Yahoo!.

Le charbon n’est pas remplacé

Amazon et Microsoft sont particulièrement accusés de trop consommer d'énergie produite par le nucléaire et le charbon. «L'annonce d'aujourd'hui que Microsoft va avoir un bilan carbone neutre est une bonne première étape», a commenté mardi un analyste de Greenpeace, Gary Cook. «Toutefois le diable se cache dans les détails, et les détails montreront si Microsoft est leader pour nous emmener dans un cloud (ndlr: nuage, c'est à dire l'informatique dématérialisée) propre, ou s'il continue à s'en remettre au charbon». De fait, le plan de Microsoft est d'acheter des crédits carbones pour compenser la consommation d'énergie tirée du charbon plutôt que de basculer sur les énergies vertes, selon Gary Cook.

http://www.20minutes.fr/article/930615/microsoft-devient-neutre-co2

jeudi 10 mai 2012

L'angoisse à Fessenheim, où la centrale nucléaire est condamnée

Fessenheim 2012: candidate à la poursuite de la centrale nucléaire". Après l'élection à la présidence française de François Hollande, la banderole est encore tirée entre l'église et la mairie, dans ce bourg qui vit au rythme de sa centrale depuis 35 ans.
La fermeture promise par le nouveau président de la République française suscite l'inquiétude des habitants de ce village de 2.300 âmes, qui ont voté dimanche à près de 69% pour son rival Nicolas Sarkozy.
Le socialiste, qui veut réduire la dépendance de la France au nucléaire en faisant passer de 75% à 50% la part de l'atome dans la production d'électricité, a annoncé pendant sa campagne la fermeture d'une seule centrale, la plus ancienne: Fessenheim.
"Tous ceux qui ont joué Hollande, dehors", lance un vieil homme en entrant dans un restaurant. Affairé, le propriétaire n'est pas d'humeur à s'épancher: il vient de reprendre cet hôtel-restaurant et ne veut pas faire attendre les clients.
Aurait-il racheté l'endroit s'il avait su que la centrale, située à quelque 2 km de là, était vouée à la fermeture? "J'aurais réfléchi", lâche-t-il, le regard sombre, expliquant que la plupart des clients de l'hôtel sont liés aux installations d'Electricité de France (EDF).
"Tout va fermer ici, bravo les Parisiens", lance Norbert, plus volubile. Ce maraîcher de la région vient vendre ses fruits et légumes à Fessenheim "depuis 1982". "L'argent ici vient de la centrale. Si elle ferme, c'est fini", poursuit-il, en rechargeant ses cageots.
Dans le supermarché installé à l'entrée de Fessenheim, le directeur Dominique Schelcher, 41 ans, fait part de ses "incertitudes" pour l'avenir du magasin créé par son père, qui emploie 90 personnes.
Simple supérette dans les années 1970, le commerce s'est agrandi progressivement. "J'ai décidé l'an dernier d'investir 3 millions d'euros, quand l'Autorité de sûreté nucléaire a dit que la centrale pourrait continuer encore 10 ans", explique-t-il.
"On ne désespère pas qu'il change d'avis"
"Maintenant, il faut qu'on nous donne de la visibilité sur l'avenir et des garanties sur l'emploi local. Pour l'instant, je vais geler les embauches", poursuit-il.
A Fessenheim, rares sont les foyers dont aucun membre ou proche ne travaille à la centrale, qui emploie plus de 700 personnes et quelque 200 prestataires permanents.
"Quand je me suis installée en 1974, le village comptait 700 habitants. Des écoles ont été créées depuis, des maisons ont été construites pour les agents EDF", souligne Marie-Claude Meyer, retraitée de 66 ans, ancienne employée de la centrale. "Là, c'est sûr, les gens s'inquiètent", poursuit-elle.
François Hollande a affirmé durant sa campagne que la fermeture de la centrale ne serait "sans doute" achevée qu'en 2017. L'installation, doyenne du parc nucléaire français, aura alors quarante ans. "Tout le personnel sera reclassé et Fessenheim deviendra un site pilote pour le démantèlement des centrales en fin de vie", a-t-il assuré.
La promesse sur l'emploi est "démagogique" selon Jean-Luc Cardoso, technicien d'exploitation à la centrale et délégué syndical CGT. Il a "le coeur à gauche" mais admet avoir eu "un pincement au coeur" quand François Hollande a été élu, "vu ses positions sur le nucléaire".
"Mais on ne désespère pas qu'il change d'avis, sa position a déjà beaucoup évolué", poursuit-il, assurant que les habitants étaient convaincu de la sûreté de la centrale, construite dans une zone sismique.
Pourtant, "certaines personnes ne sont pas si rassurées que ça dans le village, mais elles n'osent pas le dire", assure André Hatz, de l'association antinucléaire Stop-Fessenheim.

http://www.20minutes.fr/article/930383/angoisse-fessenheim-ou-centrale-nucleaire-condamnee

mercredi 9 mai 2012

Des étudiants de l'Ariège mettent du canard dans leur moteur

TOULOUSE - Des étudiants en BTS ont fait rouler jeudi sur le circuit de Nogaro dans le Gers, au pays de la volaille, un véhicule hybride fonctionnant à l'électricité, au gazole et à la graisse de canard, ont indiqué leur chef de travaux et leur partenaire.
Baptisé MirS3D - pour Mirepoix, la ville ariégeoise des étudiants, et S3D, le bureau d'études nantais auquel ils sont associés -, l'engin participait avec des dizaines d'autres de France et de l'étranger au Challenge EducEco sur le circuit de Nogaro.
Cette compétition met aux prises des étudiants qui ont travaillé pendant des mois avec leurs enseignants pour mettre au point de drôles d'engins les moins gourmands possibles en énergie.
A Nogaro, MirS3D était plutôt en démonstration qu'en compétition, a expliqué Jean-François Callizo, chef de travaux qui a dirigé depuis septembre 18 jeunes de première année de BTS mécanique, électrique et microtechnique de la cité scolaire de Mirepoix autour de ce projet.
Cela n'a pas empêché la motorisation de bien se comporter, a rapporté Anthony Kerihuel, cofondateur et président de S3D, entreprise spécialisée dans la valorisation énergétique des déchets organiques.
C'est S3D qui a fourni le procédé d'alimentation en graisse animale: un moteur diesel utilisant 35% ou 40% de gazole, 65% ou 60% de graisse de canard selon les réglages alimente une génératrice électrique qui charge les batteries propulsant le véhicule.
Si la technologie employant la graisse animale existait, c'est la première fois qu'elle utilisait la graisse de canard, ou plutôt la graisse de confit de canard, fournie par un producteur à moins de 40 kilomètres du circuit parce que l'idée est vraiment d'avoir une démarche locale, dit M. Kerihuel.
Et c'est bien parce que tout cela se passe dans le Gers que le choix s'est porté sur la graisse de canard, dit M. Callizo.
S3D n'a pas eu à le regretter: sur le circuit, la graisse de canard s'est montrée "de très bonne qualité, elle a la particularité d'être plus fluide à température ambiante qu'une graisse de porc ou de boeuf, on a donc moins de contraintes de viscosité", s'est réjoui M. Kerihuel.

http://www.20minutes.fr/article/928067/etudiants-ariege-mettent-canard-moteur

dimanche 6 mai 2012

Climat: Le printemps arrivera de plus en plus tôt

Les chercheurs mettent en garde contre un dérèglement des écosystèmes lié à une floraison trop précoce...
Même si la météo des dernières semaines n’est pas franchement printanière, le changement climatique pourrait avancer la date de floraison des plantes et l’arrivée du printemps. Selon des scientifiques, chaque degré supplémentaire en moyenne sur l’année ferait éclore les bourgeons cinq à six jours plus tôt que par le passé.

1.634 plantes étudiées sur quatre continents

Selon l’étude publiée dans le journal Nature, les plantes pourraient même se revêtir de feuilles quatre fois plus rapidement qu’avant, et les fleurs s’ouvrir huit fois plus vite. La période de référence court depuis 1875, quand les premiers relevés systématiques des dates de floraison ont été faits en Grande-Bretagne. Dernièrement, les nombreux programmes de sciences participatives ont permis d’établir des dates moyennes selon les régions et les espèces de plantes.
En étudiant 1.634 plantes sur quatre continents, l’équipe de l’université de Vancouver a constaté «des données très cohérentes qui suggèrent que pour chaque degré de plus, nous allons vers un gain de cinq à six jours de printemps», explique Elizabeth Wolkovich, biologiste. Toutefois, d’autres facteurs, comme les précipitations, influencent les plantes et les scientifiques ont encore besoin d’affiner leurs études pour déterminer quel impact aura réellement le changement climatique sur les saisons.
«Les impacts seront plus grands que ce que nous croyions, explique This Rutishauser, de l’université de Berne. Nous allons avoir beaucoup de travail pour réviser nos estimations, particulièrement pour les productions alimentaires.» Sans compter les effets collatéraux, notamment sur l’eau: les plantes en auront plus besoin, mais les ressources risquent de se raréfier. Un printemps précoce ne serait donc pas forcément une bonne nouvelle pour la planète.

http://www.20minutes.fr/article/927969/climat-printemps-arrivera-plus-plus-tot

samedi 5 mai 2012

Nucléaire: une ONG évoque des "doutes" sur la sécurité de robinets, EDF nie

Le réseau Sortir du Nucléaire a affirmé mercredi en citant des documents internes d'EDF que l'électricien avait des "doutes" sur la résistance de l'acier de robinets des circuits primaires de refroidissement de 31 réacteurs nucléaires, mais EDF a rétorqué qu'il n'y avait "aucun risque".
Selon l'ONG, ces documents montrent que "certains composants (robinets, clapets et vannes) du circuit primaire de 31 réacteurs de 900 MWe sont particulièrement sujets à l'usure due à la dégradation thermique des métaux et pourraient se rompre brutalement".
Sollicité par l'AFP, EDF a assuré qu'"il n'y a actuellement aucun risque avec ces robinetteries", en expliquant que les documents évoqués sont des études portant sur des "échéances lointaines" et qui ne permettent de tirer "aucune conclusion" et doivent être complétées par "de nouvelles études".
Le réseau Sortir du Nucléaire évoque "différents scénarios présentés dans les documents EDF", selon lesquels en cas de "rupture brutale (...) sur certains robinets affectés par le vieillissement thermique", la conséquence serait "une perte importante de liquide de refroidissement primaire". "Même l'injection d'eau de secours ne pourrait pas compenser cette baisse du niveau d'eau dans la cuve du réacteur. Le coeur du réacteur ne serait plus suffisamment refroidi et commencerait à fondre", selon l'ONG.
Dans le pire des scénarios accidentels évoqués, "la rupture de la cuve surviendrait en moins de 90 minutes et le personnel de la centrale assisterait alors, impuissant, à un accident majeur avec risque de contamination massive et rapide de l'environnement", ajoutait le réseau Sortir du Nucléaire.
En réaction, EDF a expliqué qu'il n'y avait "aucun doute" sur la sécurité actuelle des 118 robinets évoqués dans ces études. Mais "la robinetterie est garantie sur les 40 années d'exploitation, et aujourd'hui, on n'est pas capable de dire si ces robinetteries seront capables de résister aux contraintes thermiques au-delà de ces 40 ans d'exploitation", a concédé une porte-parole d'EDF.
"Les premières études menées ne permettent pas de le dire. C'est pourquoi nous allons mener en 2012-2013 de nouvelles études, pour voir si les robinetteries tiendraient au-delà", a-t-elle ajouté.
En réponse à Sortir du Nucléaire, qui s'indigne d'une "simple campagne de mesures des robinets qui s'achèvera... en 2015 !", au lieu du remplacement des 118 robinets, EDF répond: "il n'y a aujourd'hui strictement aucun risque avec ces robinets".

http://www.20minutes.fr/article/927381/nucleaire-ong-evoque-doutes-securite-robinets-edf-nie

vendredi 4 mai 2012

Les micro-algues, une alternative au pétrole qui pourrait s'imposer

Elles pourraient être compétitives avec le pétrole et même capter du CO2...
Les micro-algues devraient bientôt voir leur potentiel se libérer grâce à des investissements et des technologies innovantes d'extraction, jugent des experts aux Etats-Unis. Selon un rapport du ministère de l'Energie, les micro-algues pourraient à terme remplacer jusqu'à 17% des importations pétrolières américaines. Ce ministère soutient plus de 30 projets visant à produire du biocarburant avec des micro-algues qui représentent au total 85 millions de dollars d'investissements, dont le plus récent a été annoncé en février par le président Barack Obama.

0,46 euros par litre de carburant

«Nous avons réalisé une étude montrant que le carburant --essence ou gazole-- tiré des micro-algues pourrait être produit pour seulement 2,28 dollars le gallon» (soit environ 0,46 euros le litre), affirme à l'AFP Riggs Eckelberry, PDG de la firme américaine Originoil, soit près de deux fois moins que le prix actuel à la pompe. Originoil est une des sociétés aux Etats-Unis avec Sapphire Energy, dans laquelle Bill Gates a investi, qui ont mis au point des technologies d'extraction rentables du carburant produit par ces micro-organismes marins.
Les compagnies pétrolières Exxon et Shell parient également sur le potentiel prometteur des micro-algues via leur partenariat avec Synthetic Genomics et Cellana respectivement. «Aux Etats-Unis, les biocarburants tirés des algues seront d'abord produits pour les militaires et le transport aérien. Il faudra de ce fait probablement attendre le début de la prochaine décennie pour une distribution à grande échelle pour les automobilistes», explique le patron d'Originoil. «La Marine américaine seule prévoit de remplacer, dans les huit prochaines années, 50% de sa consommation de carburant avec des biocarburants qui ne sont pas en concurrence avec des cultures pour l'alimentation humaine. Il table sur les micro-algues», rappelle-t-il.

Productifs et écolos

Mais avant de pouvoir «mélanger ce biocarburant issu des micro-algues avec des hydrocarbures, il faut les standardiser», précise Riggs Eckelberry. A cette fin, sa firme a conclu un accord de recherche en décembre 2011 avec le ministère de l'Energie. Comparativement aux autres sources de biocarburant, ces micro-organismes sont beaucoup plus productifs, avec un rendement virtuel à l'hectare allant jusqu'à 25.000 litres contre 6.000 litres pour l'huile de palme, la plus productive actuellement en exploitation, selon des experts. Contrairement au maïs, la production de biocarburant par micro-algues «n'a aucun impact sur la production alimentaire ou la disponibilité d'eau fraîche», souligne Riggs Eckelberry. «Hautement productifs, ces micro-organismes unicellulaires se développent si vite qu'ils sont récoltés quotidiennement et se plaisent à se reproduire dans les eaux usées chargées en nitrate, ou salées de l'océan.»
Les micro-algues recourent aussi à la photosynthèse et consomment beaucoup de dioxyde de carbone (CO2), principal gaz à effet de serre. Elles produisent de surcroît une grande variété de molécules riches en substances biochimiques qui ont de nombreuses applications dans la production alimentaire et la pharmacie. Originoil met déjà en application sa technologie d'extraction non-chimique du carburant des micro-algues dans un projet en Australie et en France avec la société Ennesys. Il s'agit de la construction de deux immeubles de bureaux dans le quartier de la Défense, près de Paris, capables de produire plus d'énergie qu'ils n'en consomment en utilisant leurs eaux usées chargées en CO2 et en nitrate pour cultiver des micro-algues qui produiront du biocarburant pouvant générer de l'électricité à un coût très faible.

http://www.20minutes.fr/article/927025/micro-algues-alternative-petrole-pourrait-imposer

jeudi 3 mai 2012

Chaudes nuits dans les fermes d'éoliennes

Une étude américaine démontre que les températures au sol montent pendant la nuit sous l'effet des éoliennes...
Voilà un effet collatéral que les scientifiques n’avaient pas anticipé: les éoliennes pourraient réchauffer le climat. Si les énergies renouvelables apparaissent comme une des solutions les plus efficaces pour réduire les émissions de gaz à effet de serre sur la planète, elles pourraient aussi avoir marginalement un effet contreproductif. Dans une étude publiée par Nature Climate Change, les calculs des scientifiques, effectués sur une immense ferme éolienne du Texas, montrent un réchauffement de +0,72°C sur dix années.
L’effet de réchauffement de l’air nocturne serait lié aux turbulences provoquées par les pales des éoliennes. Normalement, lorsque le soleil se couche, la température au sol baisse plus vite que celle de l’air. Or, quand des éoliennes brassent cet air chaud avec la légère couche d’air plus froid au sol, elles réchauffent ce dernier. Ce phénomène est d’ailleurs bien connu des agriculteurs, qui dans certaines régions du monde, survolent les vergers avec des hélicoptères pour éviter les gelées matinales.

Pas de conclusions hâtives, rappellent les scientifiques

Selon les scientifiques, cette hausse des températures n’augmenterait pas continuellement dans le temps, mais atteindrait un point maximum au bout de quelques années. Et en journée, les éoliennes n’auraient aucun impact sur le climat. Ils rappellent également que la région texane où l’étude a eu lieu a connu un important boom de l’éolien, passant de 111 turbines en 2003 à 2.325 en 2009.
«L’énergie éolienne sera une des solutions au changement climatique, à la pollution de l’air et la sécurité énergétique, réaffirme Liming Zhou, de l’université d’Albany, qui a participé à l’étude. Mais en comprendre les impacts est crucial pour développer des éoliennes durables». Le scientifique rappelle également que l’étude ne porte que sur une région et sur une dizaine d’années, et qu’il faudra étendre les observations géographiquement et dans le temps avant de pouvoir en tirer des conclusions.

http://www.20minutes.fr/article/926407/chaudes-nuits-fermes-eoliennes

mercredi 2 mai 2012

- La Méditerranée malade de ses poissons, les chalutiers restent à quai

Au pied de la criée de Port-la-Nouvelle, comme dans les autres ports de Méditerranée, les chalutiers sont à quai pour un mois, victimes d'une diminution de la taille du poisson et de la hausse du prix du gazole.


"Pour un pêcheur, c'est dur de faire rester le bateau à quai, c'est la pire chose qui puisse arriver", se désole le président du syndicat des chalutiers du port, Bernard Pérez, devant les neuf navires amarrés.
Les chalutiers de Sète (Hérault), du Grau-du-Roi (Gard), de Port-Vendres (Pyrénées-Orientales) et de Marseille respectent eux aussi un arrêt de pêche de 35 jours, une mesure prise pour la deuxième année consécutive. Ils sont indemnisés par l'Etat sur la base des revenus des années précédentes.
Cette décision, acceptée par tous les métiers de la mer, répond à une réalité simple : ces gros navires de plus de 20 m ne sont plus rentables en Méditerranée. "On était dans une période très difficile, chaque armement sortait à perte", reconnaît M. Pérez.
Pourtant, la ressource traditionnelle de ces chalutiers, le "poisson bleu" (sardine et anchois), est toujours là. "Les poissons sont disponibles en nombre, avec une tendance à une hausse de la population, notamment pour les anchois", selon le dernier rapport PelMed (Pélagiques Méditerranée) de l'Ifremer.
Mais pour une raison indéterminée (qualité de la nourriture et des conditions environnementales...), on observe une forte mortalité après l'âge d'un an, constate David Roos, scientifique de l'Ifremer à Sète.
Sardines et anchois sont donc présents en grand nombre, mais de petite taille et "il y a une forte diminution de la quantité de poissons adultes capturable par la pêcherie", un phénomène observé depuis 2008, remarque-t-il.
"A Port-la-Nouvelle, le tonnage des poissons bleus est passé de 2.600 à 400 tonnes entre 2008 à 2011, et à Port-Vendres, de 1.200 à 700", précise Stéphane Péron, délégué à la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) pour les Pyrénées-Orientales et l'Aude.
Les "petits métiers", pêcheurs avec des bateaux de petit tonnage, s'en sortent encore. Mais les chalutiers, gros consommateurs de gazole, ont du mal à survivre. "Pour 1.800 euros de recette par jour, on dépense 1.400 à 1.500 euros en gazole" et il faut encore payer l'équipage et les frais annexes, précise Bernard Pérez, armateur de l'Edouard-François.
"On aurait un gazole à un prix raisonnable de 0,40 centime, au lieu de 0,75 actuellement, les bateaux seraient rentables, on pourrait donner un salaire décent à l'équipage", estime-t-il.
Les pêcheurs de "bleu" ont bien tenté de pallier le manque à gagner en se tournant vers le poisson "blanc", comme le merlu, mais celui-ci est en diminution, victime de la surpêche.
Aujourd'hui, les chalutiers de la côte méditerranéenne française se trouvent donc dans une impasse et beaucoup pensent à cesser leur activité, avec destruction de leur bateau grâce au plan de "sortie de flotte" mis en place par le gouvernement et l'Europe.
"Le 1er juillet, on saura si le bateau est accepté à la casse ou si on reprend la mer...", lance désabusé le patron du Florence-Adeline, Denis Raynaud. "Ils ne veulent plus de nous en Méditerranée", lâche-t-il, désabusé.
"Ma crainte, souligne Bernard Pérez, c'est que tous les chalutiers de Port-la-Nouvelle s'arrêtent", avec la perte de 50 à 60 emplois directs, mais aussi de 200 indirects (criée, mareyeurs, poissonniers...). Déjà, la criée n'est ouverte que trois jours par semaine au lieu de cinq.
Et l'été dernier, le club de rugby de la commune voisine de Sigean a dû innover pour sa traditionnelle "sardinade" : "On a pris des sardines d'Italie, reconnaît le secrétaire du club, Marc Guiboux, celles d'ici étaient trop petites".

http://www.20minutes.fr/article/925603/mediterranee-malade-poissons-chalutiers-restent-quai