Les enquêtes publiques relatives à la réalisation de l'aéroport contesté de Notre-Dame des Landes ont été prolongées de deux semaines, a annoncé mardi la préfecture de Loire-Atlantique.
Les enquêtes devaient être initialement organisées du 21 juin au 23 juillet. Ces enquêtes "seront prolongées jusqu'au mardi 7 août à 12h00", indique le communiqué de la préfecture.
"Cette prolongation de quinze jours supplémentaires est la durée maximum prévue par la règlementation applicable", précise le texte.
Cette prolongation fait suite à une demande du collectif, opposé à la construction de cet aéroport, qui réclamait le report à septembre de ces enquêtes, considérant qu'elles se déroulent sur des périodes de vacances où de nombreux élus et citoyens sont absents.
Le collectif trouvait également insuffisante la durée de quatre semaines prévue pour ces enquêtes.
Cinq enquêtes publiques sont organisées du 21 juin au 7 août, dont deux, dites "loi sur l'eau", auront notamment pour objectif d'évaluer "l'impact de l'aéroport et de sa desserte routière sur l'eau et les milieux aquatiques".
L'aéroport doit être construit par le groupe Vinci d'ici à 2017 à Notre-Dame-des-Landes, à 30 km au nord de Nantes.
Ce projet, validé par l'Etat et soutenu notamment par les élus locaux PS, est contesté par de nombreuses associations qui contestent l'utilité de cette infrastructure et mettent en avant son impact environnemental et son coût.
http://www.20minutes.fr/article/960997/aeroport-notre-dame-landes-enquetes-publiques-prolongees-deux-semaines
vendredi 29 juin 2012
jeudi 28 juin 2012
La survie du condor de Californie menacée par l'intoxication au plomb
Les efforts pour sauver le condor de Californie, le plus grand oiseau d'Amérique du Nord, sont menacés par le plomb de chasse ingéré par ces charognards qui se nourrissent de cadavres de cervidés tués par les chasseurs, affirme une étude publiée lundi.
Depuis sa quasi disparition en 1982, la population de condors de Californie est passée de 22 à environ 400 grâce aux mesures prises comme la reproduction en captivité, la surveillance et les soins vétérinaires des spécimens relâchés dans la nature.
Mais l'empoisonnement des condors par les fragments de plomb qu'ils avalent en mangeant les charognes compromettent les efforts de sauvegarde, selon l'étude, publiée dans les Annales de l'Académie américaine des sciences.
"Nous ne pourrons jamais avoir une population de condors vivant à l'état sauvage si ne nous résolvons pas ce problème", insiste Myra Finkelstein, une toxicologiste à l'Université de Californie à Santa Cruz (ouest), principal auteur de cette recherche.
Saturnisme
"Actuellement, les condors de Californie sont bagués, surveillés et capturés deux fois par an pour des analyses de sang et quand c'est nécessaire ils sont traités pour empoisonnement par le plomb dans des hôpitaux vétérinaires", poursuit la scientifique, soulignant que malgré cela "ces oiseaux continuent à mourir de saturnisme".
L'étude révèle qu'entre 1997 et 2010, 20% des condors de Californie testés annuellement souffraient d'empoisonnement par le plomb et ont dû recevoir un traitement utilisé pour les enfants victimes de saturnisme.
Au total sur cette période de 13 ans, près de la moitié des condors testés ont été touchés par un empoisonnement au plomb, dont un grand nombre à plusieurs reprises.
Cinq millions de dollars par an
"L'exposition au plomb et la fréquence du saturnisme continuent d'être une épidémie chez les condors", remarque Dan Doak, professeur de science environnementale à l'Université du Colorado à Boulder, co-auteur de cette recherche.
Selon lui, "malgré les efforts en cours pour sauvegarder cette espèce, la population sauvage de ces oiseaux diminuera de nouveau vers l'extinction dans quelques décennies sans la poursuite ad vitam aeternam de ces efforts importants et très coûteux, ce qui n'est pas tenable".
Les mesures mises en oeuvre pour sauver le condor de Californie de l'extinction par plusieurs agences fédérales, dont le Service de la pêche et de la vie sauvage, coûtent environ cinq millions de dollars par an.
Les études menées jusqu'alors n'ont trouvé aucun signe que l'interdiction partielle en Californie en 2008 de l'utilisation de cartouches avec des projectiles en plomb dans les habitats des condors a réduit la fréquence des empoisonnements par le plomb chez ces oiseaux, soulignent les auteurs de cette dernière recherche.
Bien que des alternatives au plomb existent, les réglementations limitant l'utilisation de ces munitions suscitent une vive opposition des associations de chasseurs et des défenseurs du droit de détenir des armes aux Etats-Unis, précisent-ils.
Le condor de Californie, présent surtout en Californie, en Arizona et en Basse-Californie au Mexique, a des dimensions impressionnantes. Sa taille varie de 1,1 à 1,27 mètre avec une envergure d'aile de 2,5 à 3 mètres pour un poids de 11 à 13,5 kg.
http://www.20minutes.fr/article/960219/survie-condor-californie-menacee-intoxication-plomb
Depuis sa quasi disparition en 1982, la population de condors de Californie est passée de 22 à environ 400 grâce aux mesures prises comme la reproduction en captivité, la surveillance et les soins vétérinaires des spécimens relâchés dans la nature.
Mais l'empoisonnement des condors par les fragments de plomb qu'ils avalent en mangeant les charognes compromettent les efforts de sauvegarde, selon l'étude, publiée dans les Annales de l'Académie américaine des sciences.
"Nous ne pourrons jamais avoir une population de condors vivant à l'état sauvage si ne nous résolvons pas ce problème", insiste Myra Finkelstein, une toxicologiste à l'Université de Californie à Santa Cruz (ouest), principal auteur de cette recherche.
Saturnisme
"Actuellement, les condors de Californie sont bagués, surveillés et capturés deux fois par an pour des analyses de sang et quand c'est nécessaire ils sont traités pour empoisonnement par le plomb dans des hôpitaux vétérinaires", poursuit la scientifique, soulignant que malgré cela "ces oiseaux continuent à mourir de saturnisme".
L'étude révèle qu'entre 1997 et 2010, 20% des condors de Californie testés annuellement souffraient d'empoisonnement par le plomb et ont dû recevoir un traitement utilisé pour les enfants victimes de saturnisme.
Au total sur cette période de 13 ans, près de la moitié des condors testés ont été touchés par un empoisonnement au plomb, dont un grand nombre à plusieurs reprises.
Cinq millions de dollars par an
"L'exposition au plomb et la fréquence du saturnisme continuent d'être une épidémie chez les condors", remarque Dan Doak, professeur de science environnementale à l'Université du Colorado à Boulder, co-auteur de cette recherche.
Selon lui, "malgré les efforts en cours pour sauvegarder cette espèce, la population sauvage de ces oiseaux diminuera de nouveau vers l'extinction dans quelques décennies sans la poursuite ad vitam aeternam de ces efforts importants et très coûteux, ce qui n'est pas tenable".
Les mesures mises en oeuvre pour sauver le condor de Californie de l'extinction par plusieurs agences fédérales, dont le Service de la pêche et de la vie sauvage, coûtent environ cinq millions de dollars par an.
Les études menées jusqu'alors n'ont trouvé aucun signe que l'interdiction partielle en Californie en 2008 de l'utilisation de cartouches avec des projectiles en plomb dans les habitats des condors a réduit la fréquence des empoisonnements par le plomb chez ces oiseaux, soulignent les auteurs de cette dernière recherche.
Bien que des alternatives au plomb existent, les réglementations limitant l'utilisation de ces munitions suscitent une vive opposition des associations de chasseurs et des défenseurs du droit de détenir des armes aux Etats-Unis, précisent-ils.
Le condor de Californie, présent surtout en Californie, en Arizona et en Basse-Californie au Mexique, a des dimensions impressionnantes. Sa taille varie de 1,1 à 1,27 mètre avec une envergure d'aile de 2,5 à 3 mètres pour un poids de 11 à 13,5 kg.
http://www.20minutes.fr/article/960219/survie-condor-californie-menacee-intoxication-plomb
mercredi 27 juin 2012
L'élévation du niveau de la mer menace la côte atlantique des Etats-Unis
Le niveau de la mer sur une bande côtière de la façade atlantique des Etats-Unis incluant des villes comme New York et Boston, augmente jusqu'à quatre fois plus rapidement que la moyenne mondiale, selon une étude publiée dimanche dans la revue Nature Climate Change.
Ce phénomène, lié au changement climatique, augmente le risque d'inondation de l'une des zones côtières les plus densément peuplées et menace la biodiversité des zones humides, selon cette étude du centre américain de surveillance géologique USGS.
Ces conclusions paraissent alors que des experts du Conseil national de la recherche américain ont estimé vendredi que l'élévation du niveau de la mer due au réchauffement climatique pourrait se révéler deux à trois fois plus importante que prévu au cours de ce siècle.
Depuis 1990, le long de la bande de mille kilomètres de long de la façade atlantique des Etats-Unis examinée dans Nature Climate Change, le niveau de la mer a augmenté de 2 à 3,7 millimètres par an. Au niveau mondial, la hausse se situe entre 0,6 et 1 mm, précise l'étude basée sur des relevés de marées.
Si le réchauffement se poursuit, le niveau de la mer sur cette partie de la côte atlantique pourrait augmenter d'ici 2100 de 30 cm de plus que la hausse de 1 m en moyenne au niveau mondial avancée par les projections des scientifiques.
La particularité de cette bande côtière viendrait du modèle climatique à la base des projections, explique à l'AFP l'océanographe Kara Doran de l'USGS.
"Lorsque l'eau fraîche provenant de la fonte de la couche glacière du Groenland pénètre dans l'océan Atlantique, cela perturbe la circulation des courants qui sont ralentis", précise-t-elle. Ce ralentissement du Gulf Stream entraîne une élévation du niveau de la mer le long de la côte, avec un phénomène particulièrement prononcé là où le courant repart vers le large, ajoute-t-elle.
"Des hausses extrêmement importantes du niveau de la mer qui arrivent peut-être une à deux fois par an l'hiver ou pendant des tempêtes tropicales, risquent de se produire plus souvent", selon Mme Doran, avec pour conséquences une érosion accrue des plages et davantage d'inondations.
En 2007, le groupe des experts de l'Onu sur le climat (Giec) avait tablé sur une hausse jusqu'à 59 cm d'ici 2100 du niveau des océans. Une menace déjà importante pour de nombreux petits Etat insulaires. Depuis, des études ont revu ce chiffre à la hausse, jusqu'à 1 mètre, en raison d'un rôle jugé plus important de la fonte des glaces de l'Arctique.
Dans une autre étude publiée dans Nature Climate Change, des chercheurs européens regardent au-delà de 2100: selon leurs calculs, une hausse des températures de 2°C provoquerait une hausse de 2,7 m en 2300 par rapport au niveau actuel. Limiter le réchauffement à +1,5°C contiendrait cette hausse du niveau des océans à 1,5 m.
L'objectif actuel de la communauté internationale est de limiter le réchauffement à moins de 2°C par rapport à l'époque pré-industrielle, sachant que la température globale a déjà augmenté de près d'1°C.
"Etant donné le temps que cela prend pour que les glaces et les masses d'eau réagissent au réchauffement, nos émissions actuelles vont être déterminantes pour les niveaux des mers dans les siècles à venir", souligne Michiel Schaeffer, auteur de l'étude et chercheur à l'Université de Wageningen aux Pays-Bas
http://www.20minutes.fr/article/959461/elevation-niveau-mer-menace-cote-atlantique-etats-unis
Ce phénomène, lié au changement climatique, augmente le risque d'inondation de l'une des zones côtières les plus densément peuplées et menace la biodiversité des zones humides, selon cette étude du centre américain de surveillance géologique USGS.
Ces conclusions paraissent alors que des experts du Conseil national de la recherche américain ont estimé vendredi que l'élévation du niveau de la mer due au réchauffement climatique pourrait se révéler deux à trois fois plus importante que prévu au cours de ce siècle.
Depuis 1990, le long de la bande de mille kilomètres de long de la façade atlantique des Etats-Unis examinée dans Nature Climate Change, le niveau de la mer a augmenté de 2 à 3,7 millimètres par an. Au niveau mondial, la hausse se situe entre 0,6 et 1 mm, précise l'étude basée sur des relevés de marées.
Si le réchauffement se poursuit, le niveau de la mer sur cette partie de la côte atlantique pourrait augmenter d'ici 2100 de 30 cm de plus que la hausse de 1 m en moyenne au niveau mondial avancée par les projections des scientifiques.
La particularité de cette bande côtière viendrait du modèle climatique à la base des projections, explique à l'AFP l'océanographe Kara Doran de l'USGS.
"Lorsque l'eau fraîche provenant de la fonte de la couche glacière du Groenland pénètre dans l'océan Atlantique, cela perturbe la circulation des courants qui sont ralentis", précise-t-elle. Ce ralentissement du Gulf Stream entraîne une élévation du niveau de la mer le long de la côte, avec un phénomène particulièrement prononcé là où le courant repart vers le large, ajoute-t-elle.
"Des hausses extrêmement importantes du niveau de la mer qui arrivent peut-être une à deux fois par an l'hiver ou pendant des tempêtes tropicales, risquent de se produire plus souvent", selon Mme Doran, avec pour conséquences une érosion accrue des plages et davantage d'inondations.
En 2007, le groupe des experts de l'Onu sur le climat (Giec) avait tablé sur une hausse jusqu'à 59 cm d'ici 2100 du niveau des océans. Une menace déjà importante pour de nombreux petits Etat insulaires. Depuis, des études ont revu ce chiffre à la hausse, jusqu'à 1 mètre, en raison d'un rôle jugé plus important de la fonte des glaces de l'Arctique.
Dans une autre étude publiée dans Nature Climate Change, des chercheurs européens regardent au-delà de 2100: selon leurs calculs, une hausse des températures de 2°C provoquerait une hausse de 2,7 m en 2300 par rapport au niveau actuel. Limiter le réchauffement à +1,5°C contiendrait cette hausse du niveau des océans à 1,5 m.
L'objectif actuel de la communauté internationale est de limiter le réchauffement à moins de 2°C par rapport à l'époque pré-industrielle, sachant que la température globale a déjà augmenté de près d'1°C.
"Etant donné le temps que cela prend pour que les glaces et les masses d'eau réagissent au réchauffement, nos émissions actuelles vont être déterminantes pour les niveaux des mers dans les siècles à venir", souligne Michiel Schaeffer, auteur de l'étude et chercheur à l'Université de Wageningen aux Pays-Bas
http://www.20minutes.fr/article/959461/elevation-niveau-mer-menace-cote-atlantique-etats-unis
mardi 26 juin 2012
lundi 25 juin 2012
dimanche 24 juin 2012
France: fin des minitels, détruits en masse par une société toulousaine
La fin du minitel, programmée pour le 30 juin, donne du travail depuis plusieurs mois à une entreprise d'insertion toulousaine qui a la chance d'assurer seule en France le démantèlement de tous les minitels.
"Parmi les prestataires du gestionnaire de déchets Eco-Systemes, nous étions le plus proche du site de la société Anovo à Montauban où Orange regroupe tous les minitels rapportés dans ses agences depuis qu'il a annoncé l'opération", explique le directeur général d'Envie 2E pour la région toulousaine, Franck Zeitoun.
Sur 700.000 minitels encore en circulation début 2012, 400.000 de ces gros cubes de plastique emblématiques de la télématique française des années 1980 ont déjà éclaté sous les coups de marteaux des salariés d'Envie 2E (Emploi et Environnement), entreprise spécialisée dans le traitement des déchets électriques et électroniques.
Dans un grand fracas, les bennes déversent l'objet sur le tapis roulant de la chaîne et l'exécuteur en chasuble jaune, casque et lunettes de protection, opère en trente secondes.
Il éclate le boîtier ocre de l'ancêtre et sépare sur le tapis les principaux éléments: la coque en plastique, la carte électronique, le tube cathodique du style vieille télé, les pièces métalliques et le câble électrique.
. "C'est pas compliqué, mais comme le boîtier était clipsé, et non pas vissé, il n'y avait pas d'autre solution que de donner un coup de marteau pour déboîter la coque !", crie le directeur général pour se faire entendre
- Produits recyclés, salariés insérés -
En aval de la chaîne où le minitel côtoie les vieux téléviseurs et ordinateurs livrés par Eco-Systemes, d'autres travailleurs orientent les différentes parties qui seront livrées à des sociétés spécialisées pour donner une deuxième vie de pare-chocs aux plastiques, extraire les métaux précieux des cartes électroniques, recycler le verre.
Dans ce hangar de la zone industrielle du Bois Vert à Portet-sur-Garonne, près de Toulouse, Envie 2E emploie une cinquantaine de salariés entre cette chaîne et celle dédiée au broyage du petit électroménager (aspirateurs, fers à repasser,...). Mi-juin, une nouvelle s'y est ajoutée, destinée aux écrans plats, délicats à manipuler en raison de la présence de mercure.
La moitié des salariés ont des contrats à durée déterminée d'insertion (CDDI) destinés aux chômeurs en difficulté sociale ou professionnelle particulière. Ils partiront au bout de 12 ou 13 mois en moyenne, si possible vers de vrais CDI. "On a réussi à en placer 68% l'an dernier. Ce n'est pas parfait, mais c'est mieux que la moyenne de 48% en Midi-Pyrénées", déclare M. Zeitoun.
La loi de 2006 sur le traitement des déchets électriques et électroniques a permis de lancer une vingtaine de sites Envie 2E, associés au réseau Envie (Entreprise nouvelle pour l'insertion économique) créé en 1984 à Strasbourg par un ancien de Darty et des compagnons d'Emmaüs pour favoriser l'insertion par la réparation et la rénovation d'électroménager.
"A Toulouse, nous sommes passés de 30 à 50 personnes depuis deux ans dans le recyclage. Le minitel n'est qu'un appoint mais quand il y a les pics avec plusieurs semi-remorques par semaine, il prend toute la chaîne", indique le directeur qui voit arriver une dernière grande vague en cette fin du mois.
Cela ne veut pas dire que tous les minitels vont finir à Portet avant le 30 juin, mais sûrement des milliers de plus. "Beaucoup de gens vont vouloir le garder en souvenir. C'est la fin d'une époque, il y a une forme d'attachement sentimental", dit M. Zeitoun, qui avoue lui-même en avoir gardé différents modèles.
http://www.20minutes.fr/article/958593/france-fin-minitels-detruits-masse-societe-toulousaine
"Parmi les prestataires du gestionnaire de déchets Eco-Systemes, nous étions le plus proche du site de la société Anovo à Montauban où Orange regroupe tous les minitels rapportés dans ses agences depuis qu'il a annoncé l'opération", explique le directeur général d'Envie 2E pour la région toulousaine, Franck Zeitoun.
Sur 700.000 minitels encore en circulation début 2012, 400.000 de ces gros cubes de plastique emblématiques de la télématique française des années 1980 ont déjà éclaté sous les coups de marteaux des salariés d'Envie 2E (Emploi et Environnement), entreprise spécialisée dans le traitement des déchets électriques et électroniques.
Dans un grand fracas, les bennes déversent l'objet sur le tapis roulant de la chaîne et l'exécuteur en chasuble jaune, casque et lunettes de protection, opère en trente secondes.
Il éclate le boîtier ocre de l'ancêtre et sépare sur le tapis les principaux éléments: la coque en plastique, la carte électronique, le tube cathodique du style vieille télé, les pièces métalliques et le câble électrique.
. "C'est pas compliqué, mais comme le boîtier était clipsé, et non pas vissé, il n'y avait pas d'autre solution que de donner un coup de marteau pour déboîter la coque !", crie le directeur général pour se faire entendre
- Produits recyclés, salariés insérés -
En aval de la chaîne où le minitel côtoie les vieux téléviseurs et ordinateurs livrés par Eco-Systemes, d'autres travailleurs orientent les différentes parties qui seront livrées à des sociétés spécialisées pour donner une deuxième vie de pare-chocs aux plastiques, extraire les métaux précieux des cartes électroniques, recycler le verre.
Dans ce hangar de la zone industrielle du Bois Vert à Portet-sur-Garonne, près de Toulouse, Envie 2E emploie une cinquantaine de salariés entre cette chaîne et celle dédiée au broyage du petit électroménager (aspirateurs, fers à repasser,...). Mi-juin, une nouvelle s'y est ajoutée, destinée aux écrans plats, délicats à manipuler en raison de la présence de mercure.
La moitié des salariés ont des contrats à durée déterminée d'insertion (CDDI) destinés aux chômeurs en difficulté sociale ou professionnelle particulière. Ils partiront au bout de 12 ou 13 mois en moyenne, si possible vers de vrais CDI. "On a réussi à en placer 68% l'an dernier. Ce n'est pas parfait, mais c'est mieux que la moyenne de 48% en Midi-Pyrénées", déclare M. Zeitoun.
La loi de 2006 sur le traitement des déchets électriques et électroniques a permis de lancer une vingtaine de sites Envie 2E, associés au réseau Envie (Entreprise nouvelle pour l'insertion économique) créé en 1984 à Strasbourg par un ancien de Darty et des compagnons d'Emmaüs pour favoriser l'insertion par la réparation et la rénovation d'électroménager.
"A Toulouse, nous sommes passés de 30 à 50 personnes depuis deux ans dans le recyclage. Le minitel n'est qu'un appoint mais quand il y a les pics avec plusieurs semi-remorques par semaine, il prend toute la chaîne", indique le directeur qui voit arriver une dernière grande vague en cette fin du mois.
Cela ne veut pas dire que tous les minitels vont finir à Portet avant le 30 juin, mais sûrement des milliers de plus. "Beaucoup de gens vont vouloir le garder en souvenir. C'est la fin d'une époque, il y a une forme d'attachement sentimental", dit M. Zeitoun, qui avoue lui-même en avoir gardé différents modèles.
http://www.20minutes.fr/article/958593/france-fin-minitels-detruits-masse-societe-toulousaine
samedi 23 juin 2012
Japon: nouveau projet de plus grand parc solaire, dans la zone sinistrée
Le groupe nippon Toshiba s'apprête à construire un parc solaire réparti en plusieurs lieux de la ville de Minamisoma, dans la région du Japon dévastée par le tsunami le 11 mars 2011 et désormais désireuse de remplacer l'énergie nucléaire par des sources jugées moins dangereuses.
Le conglomérat industriel a expliqué avoir signé un protocole pour la mise en place de systèmes photovoltaïques totalisant une puissance de 100 mégawatts dans cette agglomération située à une trentaine de kilomètres de la centrale de Fukushima mise en péril par le raz-de-marée.
Il s'agira de la plus puissante installation de ce type recensée au Japon.
Le tout devrait pouvoir alimenter quelque 30.000 foyers.
Dans un premier temps, une première tranche de 20 mégawatts sera mise en place afin de valider la faisabilité du projet.
Alors que des habitants reviennent progressivement et que les travaux de décontamination et reconstruction se précisent, la municipalité de Minamisoma souhaite créer un modèle de ville plus sûre, plus écologique et à fort rendement énergétique.
La mise en place des équipements solaires devrait débuter cette année pour une entrée en exploitation en 2014, selon Toshiba qui propose en outre toute une gamme de dispositifs pour distribuer et réguler l'électricité de façon plus rationnelle.
Une société spéciale devrait être créée pour financer la construction et assurer l'exploitation de la centrale solaire, entité qui sera ouverte à divers investisseurs japonais et étrangers.
Dernièrement, le groupe Kyocera avait annoncé la construction prochaine d'un parc solaire de 70 mégawatts permettant d'alimenter quelque 22.000 foyers dans la préfecture de Kagoshima (sud-ouest) et divers autres projets de différentes tailles sont en cours dans l'ensemble du pays.
Le Japon souffre actuellement d'un manque d'électricité à cause de l'arrêt de ses 50 réacteurs. Deux sont en voie de redémarrer, mais même si tous sont réactivés, la part de l'énergie nucléaire dans la production japonaise d'électricité ne recouvrera pas son niveau d'avant, qui se situait entre 25% et 30% du total du courant produit.
http://www.20minutes.fr/article/957901/japon-nouveau-projet-plus-grand-parc-solaire-zone-sinistree
Le conglomérat industriel a expliqué avoir signé un protocole pour la mise en place de systèmes photovoltaïques totalisant une puissance de 100 mégawatts dans cette agglomération située à une trentaine de kilomètres de la centrale de Fukushima mise en péril par le raz-de-marée.
Il s'agira de la plus puissante installation de ce type recensée au Japon.
Le tout devrait pouvoir alimenter quelque 30.000 foyers.
Dans un premier temps, une première tranche de 20 mégawatts sera mise en place afin de valider la faisabilité du projet.
Alors que des habitants reviennent progressivement et que les travaux de décontamination et reconstruction se précisent, la municipalité de Minamisoma souhaite créer un modèle de ville plus sûre, plus écologique et à fort rendement énergétique.
La mise en place des équipements solaires devrait débuter cette année pour une entrée en exploitation en 2014, selon Toshiba qui propose en outre toute une gamme de dispositifs pour distribuer et réguler l'électricité de façon plus rationnelle.
Une société spéciale devrait être créée pour financer la construction et assurer l'exploitation de la centrale solaire, entité qui sera ouverte à divers investisseurs japonais et étrangers.
Dernièrement, le groupe Kyocera avait annoncé la construction prochaine d'un parc solaire de 70 mégawatts permettant d'alimenter quelque 22.000 foyers dans la préfecture de Kagoshima (sud-ouest) et divers autres projets de différentes tailles sont en cours dans l'ensemble du pays.
Le Japon souffre actuellement d'un manque d'électricité à cause de l'arrêt de ses 50 réacteurs. Deux sont en voie de redémarrer, mais même si tous sont réactivés, la part de l'énergie nucléaire dans la production japonaise d'électricité ne recouvrera pas son niveau d'avant, qui se situait entre 25% et 30% du total du courant produit.
http://www.20minutes.fr/article/957901/japon-nouveau-projet-plus-grand-parc-solaire-zone-sinistree
vendredi 22 juin 2012
Ariège: un cheval à la place du tracteur
Quand la plupart des paysans sont juchés sur de puissants tracteurs, certains agriculteurs ont choisi de revenir à l'âne ou au cheval pour cultiver leurs champs. Loin d'être archaïque, disent-ils, la traction animale est un outil moderne et dans l'air du temps.
Depuis plus de 20 ans, l'association ariégeoise Prommata met au point de nouveaux outils destinés à être tractés par des animaux et fait la promotion de ce mode de production non polluant, particulièrement adapté aux petites surfaces et aux parcelles difficiles d'accès.
"L'idée, c'est de permettre aux paysans de réinvestir les zones abandonnées par l'agriculture industrialisée, les terrasses et les coteaux complètement inadaptés à la machinerie moderne", dit Jo Ballade, un des membres fondateurs de l'association.
A ce désir de "retour à la terre" correspond "une demande dans les villes de productions locales. Avant, on nous riait au nez car on était trop en avance. Aujourd'hui, on répond à un besoin. Le manger bio a le vent en poupe", ajoute ce maraîcher à la retraite, formateur chez Prommata.
L'association est née en 1991 d'une rencontre entre petits paysans ariégeois et Jean Nolle, un ingénieur qui consacra sa vie à mettre au point des outils pour la traction animale et à les développer dans le tiers-monde.
Prommata, qui hérite de ses prototypes, ouvre un atelier de fabrication dans le village de Rimont et met bientôt au point un "porte-outils", un châssis baptisé "kassine" auquel on peut adapter une gamme infinie d'instruments pour la culture. Cela évite de multiplier les achats de machines, et l'engin peut être tracté par n'importe quel animal, le plus souvent un cheval, un âne ou une mule.
Depuis 1995, plus de 500 de ces engins adaptés au maraîchage ont été vendus en France mais aussi en Grande-Bretagne, Allemagne, Belgique, Italie et Espagne. L'association, qui est en train de peaufiner un autre porte-outils destiné à la viticulture, a formé des centaines de stagiaires, y compris en Algérie, au Burkina Faso, au Niger ou à Madagascar.
5.000 euros l'équipement complet
L'agronome Marcel Mazoyer estime que sur 1,4 milliard d'actifs agricoles dans le monde, un milliard ne disposent ni d'animaux, ni de tracteurs. "Avoir accès à la traction animale, c'est ce qui pourrait leur arriver le mieux dans le prochain demi-siècle".
En Ariège, Mike Ower, un Britannique de 54 ans et sa compagne Marion Le Page, 55 ans, anciens artistes de cirque, sont parmi les premiers convertis. Dans leur ferme des Bonzom, sur les côteaux de Sainte-Suzanne dans la vallée de la Lèze, leur jument Iulli, placide comtoise d'une bonne douzaine d'années arpente les sillons sur 1,5 hectare cultivé en maraîchage bio.
"C'est très adapté à ce qu'on fait", dit Mike. Ce système permet un labour léger qui maintient en surface la couche supérieure de terre pleine de matières organiques, à la différence du tracteur qui fait remonter les couches stériles, plaide le couple, qui vend ses légumes sur des marchés ainsi qu'à des particuliers sous forme de paniers bio.
"La beauté de ce matériel, c'est de permettre à des gens de s'installer sur des petites surfaces sans passer par des gros emprunts", souligne aussi Marion.
"Avec 5.000 euros, on est équipé complet, animal compris. Ce n'est même pas le prix d'un tracteur d'occasion dans lequel il faut en plus mettre du gasoil", abonde Jo Ballade.
Mais l'association jusqu'alors bénéficiaire (huit salariés pour un budget de 360.000 euros) connaît des difficultés. Baisse des aides aux associations, moins de crédits disponibles pour les formations qu'elle dispense, Prommata craint pour sa survie en 2013. Jo Ballade en appelle aux pouvoirs publics pour sauver ses emplois en l'aidant à se développer davantage en Europe, où "il y a beaucoup de demandes".
http://www.20minutes.fr/article/957023/ariege-cheval-place-tracteur
Depuis plus de 20 ans, l'association ariégeoise Prommata met au point de nouveaux outils destinés à être tractés par des animaux et fait la promotion de ce mode de production non polluant, particulièrement adapté aux petites surfaces et aux parcelles difficiles d'accès.
"L'idée, c'est de permettre aux paysans de réinvestir les zones abandonnées par l'agriculture industrialisée, les terrasses et les coteaux complètement inadaptés à la machinerie moderne", dit Jo Ballade, un des membres fondateurs de l'association.
A ce désir de "retour à la terre" correspond "une demande dans les villes de productions locales. Avant, on nous riait au nez car on était trop en avance. Aujourd'hui, on répond à un besoin. Le manger bio a le vent en poupe", ajoute ce maraîcher à la retraite, formateur chez Prommata.
L'association est née en 1991 d'une rencontre entre petits paysans ariégeois et Jean Nolle, un ingénieur qui consacra sa vie à mettre au point des outils pour la traction animale et à les développer dans le tiers-monde.
Prommata, qui hérite de ses prototypes, ouvre un atelier de fabrication dans le village de Rimont et met bientôt au point un "porte-outils", un châssis baptisé "kassine" auquel on peut adapter une gamme infinie d'instruments pour la culture. Cela évite de multiplier les achats de machines, et l'engin peut être tracté par n'importe quel animal, le plus souvent un cheval, un âne ou une mule.
Depuis 1995, plus de 500 de ces engins adaptés au maraîchage ont été vendus en France mais aussi en Grande-Bretagne, Allemagne, Belgique, Italie et Espagne. L'association, qui est en train de peaufiner un autre porte-outils destiné à la viticulture, a formé des centaines de stagiaires, y compris en Algérie, au Burkina Faso, au Niger ou à Madagascar.
5.000 euros l'équipement complet
L'agronome Marcel Mazoyer estime que sur 1,4 milliard d'actifs agricoles dans le monde, un milliard ne disposent ni d'animaux, ni de tracteurs. "Avoir accès à la traction animale, c'est ce qui pourrait leur arriver le mieux dans le prochain demi-siècle".
En Ariège, Mike Ower, un Britannique de 54 ans et sa compagne Marion Le Page, 55 ans, anciens artistes de cirque, sont parmi les premiers convertis. Dans leur ferme des Bonzom, sur les côteaux de Sainte-Suzanne dans la vallée de la Lèze, leur jument Iulli, placide comtoise d'une bonne douzaine d'années arpente les sillons sur 1,5 hectare cultivé en maraîchage bio.
"C'est très adapté à ce qu'on fait", dit Mike. Ce système permet un labour léger qui maintient en surface la couche supérieure de terre pleine de matières organiques, à la différence du tracteur qui fait remonter les couches stériles, plaide le couple, qui vend ses légumes sur des marchés ainsi qu'à des particuliers sous forme de paniers bio.
"La beauté de ce matériel, c'est de permettre à des gens de s'installer sur des petites surfaces sans passer par des gros emprunts", souligne aussi Marion.
"Avec 5.000 euros, on est équipé complet, animal compris. Ce n'est même pas le prix d'un tracteur d'occasion dans lequel il faut en plus mettre du gasoil", abonde Jo Ballade.
Mais l'association jusqu'alors bénéficiaire (huit salariés pour un budget de 360.000 euros) connaît des difficultés. Baisse des aides aux associations, moins de crédits disponibles pour les formations qu'elle dispense, Prommata craint pour sa survie en 2013. Jo Ballade en appelle aux pouvoirs publics pour sauver ses emplois en l'aidant à se développer davantage en Europe, où "il y a beaucoup de demandes".
http://www.20minutes.fr/article/957023/ariege-cheval-place-tracteur
jeudi 21 juin 2012
Climat: le risque sismique rend hasardeux le stockage géologique du CO2
Le stockage du dioxyde de carbone, prôné par nombre d'experts pour lutter contre le réchauffement climatique, est jugé hasardeux par des géophysiciens américains en raison du risque élevé de déclencher des séismes, alertent-ils dans une étude dévoilée lundi.
"Nous estimons qu'il y a une forte probabilité que des tremblements de terre seront déclenchés par l'injection de vastes volumes de CO2 dans les roches fragiles" le plus souvent trouvées dans la croûte terrestre, écrivent Mark Zoback et Steven Gorelick, professeurs de géo-mécanique à l'Université de Stanford (Californie, ouest), en conclusion de leurs travaux.
"Dans la mesure où même des séismes de petite ou moyenne puissance peuvent compromettre l'étanchéité des poches géologiques contenant le CO2 séquestré, nous pensons que, dans ce contexte, stocker de très grands volumes de ce gaz constitue une stratégie risquée", insistent-ils.
Vu ce risque, "cette stratégie pour réduire de façon importante les émissions de gaz à effet de serre serait probablement un échec", concluent ces scientifiques dont les travaux paraissent dans les Annales de l'académie américaine des sciences (PNAS), datées du 18 au 2 juin.
Pour qu'un stockage du CO2 (dissout dans de l'eau) fasse vraiment une différence à l'échelle de la planète pour réduire le réchauffement climatique, il faudrait en enfouir environ 3,5 milliards de tonnes par an, soit un volume équivalent à 28,6 milliards de barils de pétrole.
La production annuelle mondiale de brut est de 27 milliards de barils environ.
Risque de pression sur les failles existantes
"Avant de se lancer dans des projets aussi vastes que d'injecter dans le sous-sol de gigantesques volumes de CO2 et ce à de multiples emplacements dans le monde, il est important de savoir que ces dernières décennies, les réseaux modernes de surveillance sismique ont montré que les tremblements de terre se produisent quasiment partout à l'intérieur des continents", soulignent-ils.
Le stockage géologique à grande échelle de CO2 est pourtant considéré comme une solution viable par nombre d'experts pour réduire les émissions de ce principal gaz à effet de serre, dont la plus grande partie provient de la combustion de charbon dans les centrales électriques, soulignent ces deux géophysiciens.
Ils citent un rapport de 2005 du Groupe d'experts de l'ONU sur l'évolution du climat (Giec) préconisant cette solution.
Dans la mesure où la croûte terrestre est fortement sous tension à l'intérieur des continents, des injections de fluides dans des puits profonds (deux kilomètres de profondeur) tels des gisements pétroliers et gaziers en voie d'épuisement, peuvent provoquer des séismes en accroissant la pression à proximité d'une faille préexistante et potentiellement active, selon eux.
Cet effet a été pour la première fois observé dans les années 60 à Denver, dans le Colorado (ouest), quand des injections d'eau dans un puits de trois kilomètres de profondeur près de l'Arsenal militaire des Rocheuses a déclenché un tremblement de terre, précisent les auteurs de l'étude.
Une étude séparée publiée vendredi 15 juin, effectuée par l'Académie américaine des sciences, conclut aussi que la séquestration géologique du CO2 "peut potentiellement induire des tremblements de terre importants". Ce risque est en revanche jugé faible avec la fracturation hydraulique "pour extraire du pétrole ou du gaz dans les schistes bitumineux.
La combustion du charbon pour produire de l'électricité libère 2,1 milliards de tonnes de CO2 par an aux Etats-Unis soit 36% de la totalité des émissions carboniques américaines, précisent ces deux chercheurs.
Quant à la Chine, elle en a généré trois fois plus en 2011, ayant brûlé 6,95 milliards de tonnes de charbon pour produire de l'électricité, soit 80% de ses émissions totales de CO2.
Au total, ces deux pays sont les deux plus grands émetteurs de CO2 de la planète, responsables à eux seuls de 40% des émissions.
http://www.20minutes.fr/article/956189/climat-risque-sismique-rend-hasardeux-stockage-geologique-co2
"Nous estimons qu'il y a une forte probabilité que des tremblements de terre seront déclenchés par l'injection de vastes volumes de CO2 dans les roches fragiles" le plus souvent trouvées dans la croûte terrestre, écrivent Mark Zoback et Steven Gorelick, professeurs de géo-mécanique à l'Université de Stanford (Californie, ouest), en conclusion de leurs travaux.
"Dans la mesure où même des séismes de petite ou moyenne puissance peuvent compromettre l'étanchéité des poches géologiques contenant le CO2 séquestré, nous pensons que, dans ce contexte, stocker de très grands volumes de ce gaz constitue une stratégie risquée", insistent-ils.
Vu ce risque, "cette stratégie pour réduire de façon importante les émissions de gaz à effet de serre serait probablement un échec", concluent ces scientifiques dont les travaux paraissent dans les Annales de l'académie américaine des sciences (PNAS), datées du 18 au 2 juin.
Pour qu'un stockage du CO2 (dissout dans de l'eau) fasse vraiment une différence à l'échelle de la planète pour réduire le réchauffement climatique, il faudrait en enfouir environ 3,5 milliards de tonnes par an, soit un volume équivalent à 28,6 milliards de barils de pétrole.
La production annuelle mondiale de brut est de 27 milliards de barils environ.
Risque de pression sur les failles existantes
"Avant de se lancer dans des projets aussi vastes que d'injecter dans le sous-sol de gigantesques volumes de CO2 et ce à de multiples emplacements dans le monde, il est important de savoir que ces dernières décennies, les réseaux modernes de surveillance sismique ont montré que les tremblements de terre se produisent quasiment partout à l'intérieur des continents", soulignent-ils.
Le stockage géologique à grande échelle de CO2 est pourtant considéré comme une solution viable par nombre d'experts pour réduire les émissions de ce principal gaz à effet de serre, dont la plus grande partie provient de la combustion de charbon dans les centrales électriques, soulignent ces deux géophysiciens.
Ils citent un rapport de 2005 du Groupe d'experts de l'ONU sur l'évolution du climat (Giec) préconisant cette solution.
Dans la mesure où la croûte terrestre est fortement sous tension à l'intérieur des continents, des injections de fluides dans des puits profonds (deux kilomètres de profondeur) tels des gisements pétroliers et gaziers en voie d'épuisement, peuvent provoquer des séismes en accroissant la pression à proximité d'une faille préexistante et potentiellement active, selon eux.
Cet effet a été pour la première fois observé dans les années 60 à Denver, dans le Colorado (ouest), quand des injections d'eau dans un puits de trois kilomètres de profondeur près de l'Arsenal militaire des Rocheuses a déclenché un tremblement de terre, précisent les auteurs de l'étude.
Une étude séparée publiée vendredi 15 juin, effectuée par l'Académie américaine des sciences, conclut aussi que la séquestration géologique du CO2 "peut potentiellement induire des tremblements de terre importants". Ce risque est en revanche jugé faible avec la fracturation hydraulique "pour extraire du pétrole ou du gaz dans les schistes bitumineux.
La combustion du charbon pour produire de l'électricité libère 2,1 milliards de tonnes de CO2 par an aux Etats-Unis soit 36% de la totalité des émissions carboniques américaines, précisent ces deux chercheurs.
Quant à la Chine, elle en a généré trois fois plus en 2011, ayant brûlé 6,95 milliards de tonnes de charbon pour produire de l'électricité, soit 80% de ses émissions totales de CO2.
Au total, ces deux pays sont les deux plus grands émetteurs de CO2 de la planète, responsables à eux seuls de 40% des émissions.
http://www.20minutes.fr/article/956189/climat-risque-sismique-rend-hasardeux-stockage-geologique-co2
mercredi 20 juin 2012
Japon: élites et population divisées sur la relance de réacteurs nucléaires
Politiciens, intellectuels, industriels ou simples citoyens japonais, tous étaient divisés après la décision du Premier ministre de relancer deux réacteurs nucléaires de l'archipel, alors même que les mesures nouvelles de sécurité ne seront achevées que dans trois ans.
Les manoeuvres de redémarrage du réacteur 3 de la centrale d'Ohi (ou Oi) dans l'ouest du Japon ont débuté samedi, celles pour le numéro 4 sont prévues pour jeudi, s'est félicité l'opérateur Kansai Electric Power, qui avait tempété tant et plus auprès du gouvernement pour obtenir le feu vert final.
La décision définitive des autorités a été prise samedi matin au terme d'un long processus protocolaire, en dépit des protestations d'une partie de la population.
Le chef du gouvernement, Yoshihiko Noda, avait clairement exprimé une semaine auparavant son intention d'autoriser les réacteurs 3 et 4 d'Ohi, jugés sûrs par les autorités compétentes, à refonctionner.
Il s'agit du premier réel redémarrage de réacteur depuis la catastrophe de Fukushima survenue le 11 mars 2011 à la suite du séisme et du tsunami qui ont dévasté le nord-est de l'archipel.
Le jugement du gouvernement est cependant loin de faire consensus, bien que M. Noda eût auparavant promis de ne prendre de décision "qu'après avoir obtenu la compréhension de la population".
"Il y a des opinions divergentes, mais le rôle des hommes politiques est de trancher, c'est d'autant plus important dans les cas où tout le monde n'est pas d'accord", a justifié samedi le ministre de l'Industrie, Yukio Edano.
Ce faisant, le gouvernement a semblé ignorer les récentes mises en garde d'experts sur la sismicité alentour et les appels à davantage de réflexion y compris de la part de près d'un tiers des parlementaires du Parti démocrate du Japon (PDJ), majoritaire à la Diète et présidé par le Premier ministre en personne.
"Il est extrêmement regrettable que soient remis en service ces réacteurs", a déploré le gouverneur de la préfecture de Fukushima, Yuhei Sato, estimant qu'à ce stade la sécurité de l'ensemble des centrales atomiques est loin d'être garantie, d'autant que dans le cas de Fukushima, l'enchaînement des faits n'a pas encore été clairement établi.
C'est un choix politique qui repose plus sur la stabilité d'approvisionnement que sur la sécurité, a critiqué son homologue de Shizuoka, Heita Kawakatsu, approuvé par d'autres.
"Que cesse un pouvoir qui privilégie l'économie au détriment de la sécurité de ses citoyens", s'est de même agacé le journaliste dénonciateur de scandales Satoshi Kamata, un des meneurs du mouvement "Adieu l'énergie nucléaire" soutenu par le prix Nobel de littérature Kenzaburo Oe et quelque 7,5 millions de pétitionnaires.
Même des personnalités qui, sur le principe, sont pour le redémarrage des réacteurs, trouvent la démarche du gouvernement un tant soit peu hâtive et cavalière.
C'est le cas de Nobuteru Ishihara, un des ténors du Parti libéral démocrate (PLD), principale formation d'opposition, qui qualifie d'"horrible" le fait que le Premier ministre décide "sur la foi de critères de sécurité provisoires" de remettre en marche des réacteurs alors même que l'instance de régulation qui s'est exprimée à leur sujet reste encore sous la tutelle du puissant ministère de l'industrie (Meti), ouvertement pro-nucléaire.
Une structure plus indépendante, réclamée par l'Agence internationale de l'Energie atomique (AIEA), doit être mise en place, mais le processus législatif traîne.
Pas avant 2015
Dans les milieux économiques et industriels, si le chef de la fédération patronale Keidanren s'est réjoui haut et fort en disant "espérer que les autres réacteurs stoppés (48 sur 50) redémarreront aussi", des figures influentes ont réagi en sens opposé.
"Lors de sa conférence de presse du 8 juin, le Premier ministre a affirmé qu'à Ohi, même en cas de séisme et de tsunami, un accident tel que celui de Fukushima ne se produirait pas. Mais les travaux à réaliser pour s'en assurer ne sont pas faits. Que se passera-t-il si un désastre survient avant ?", interroge le PDG de Softbank, Masayoshi Son, profondément antinucléaire.
Les plans de la compagnie Kansai Electric, gérante de la centrale d'Ohi, prévoient divers renforcements de la sécurité du site, mais le tout ne sera pas terminé avant 2015.
A l'inverse de résidents d'Ohi, surtout préoccupés par la santé économique immédiate de leur région, les plus choqués par le choix du gouvernement sont les personnes chassées sine die de chez eux par la catastrophe de Fukushima.
"Est-ce que pour le gouvernement, ce qui s'est passé à Fukushima est un fait survenu dans un autre pays ?", demande avec tristesse Hirohi Hasegawa, ex-habitant de Minamisoma, à une vingtaine de kilomètres de la centrale Fukushima Daiichi en péril.
http://www.20minutes.fr/monde/955475-japon-elites-population-divisees-relance-reacteurs-nucleaires
Les manoeuvres de redémarrage du réacteur 3 de la centrale d'Ohi (ou Oi) dans l'ouest du Japon ont débuté samedi, celles pour le numéro 4 sont prévues pour jeudi, s'est félicité l'opérateur Kansai Electric Power, qui avait tempété tant et plus auprès du gouvernement pour obtenir le feu vert final.
La décision définitive des autorités a été prise samedi matin au terme d'un long processus protocolaire, en dépit des protestations d'une partie de la population.
Le chef du gouvernement, Yoshihiko Noda, avait clairement exprimé une semaine auparavant son intention d'autoriser les réacteurs 3 et 4 d'Ohi, jugés sûrs par les autorités compétentes, à refonctionner.
Il s'agit du premier réel redémarrage de réacteur depuis la catastrophe de Fukushima survenue le 11 mars 2011 à la suite du séisme et du tsunami qui ont dévasté le nord-est de l'archipel.
Le jugement du gouvernement est cependant loin de faire consensus, bien que M. Noda eût auparavant promis de ne prendre de décision "qu'après avoir obtenu la compréhension de la population".
"Il y a des opinions divergentes, mais le rôle des hommes politiques est de trancher, c'est d'autant plus important dans les cas où tout le monde n'est pas d'accord", a justifié samedi le ministre de l'Industrie, Yukio Edano.
Ce faisant, le gouvernement a semblé ignorer les récentes mises en garde d'experts sur la sismicité alentour et les appels à davantage de réflexion y compris de la part de près d'un tiers des parlementaires du Parti démocrate du Japon (PDJ), majoritaire à la Diète et présidé par le Premier ministre en personne.
"Il est extrêmement regrettable que soient remis en service ces réacteurs", a déploré le gouverneur de la préfecture de Fukushima, Yuhei Sato, estimant qu'à ce stade la sécurité de l'ensemble des centrales atomiques est loin d'être garantie, d'autant que dans le cas de Fukushima, l'enchaînement des faits n'a pas encore été clairement établi.
C'est un choix politique qui repose plus sur la stabilité d'approvisionnement que sur la sécurité, a critiqué son homologue de Shizuoka, Heita Kawakatsu, approuvé par d'autres.
"Que cesse un pouvoir qui privilégie l'économie au détriment de la sécurité de ses citoyens", s'est de même agacé le journaliste dénonciateur de scandales Satoshi Kamata, un des meneurs du mouvement "Adieu l'énergie nucléaire" soutenu par le prix Nobel de littérature Kenzaburo Oe et quelque 7,5 millions de pétitionnaires.
Même des personnalités qui, sur le principe, sont pour le redémarrage des réacteurs, trouvent la démarche du gouvernement un tant soit peu hâtive et cavalière.
C'est le cas de Nobuteru Ishihara, un des ténors du Parti libéral démocrate (PLD), principale formation d'opposition, qui qualifie d'"horrible" le fait que le Premier ministre décide "sur la foi de critères de sécurité provisoires" de remettre en marche des réacteurs alors même que l'instance de régulation qui s'est exprimée à leur sujet reste encore sous la tutelle du puissant ministère de l'industrie (Meti), ouvertement pro-nucléaire.
Une structure plus indépendante, réclamée par l'Agence internationale de l'Energie atomique (AIEA), doit être mise en place, mais le processus législatif traîne.
Pas avant 2015
Dans les milieux économiques et industriels, si le chef de la fédération patronale Keidanren s'est réjoui haut et fort en disant "espérer que les autres réacteurs stoppés (48 sur 50) redémarreront aussi", des figures influentes ont réagi en sens opposé.
"Lors de sa conférence de presse du 8 juin, le Premier ministre a affirmé qu'à Ohi, même en cas de séisme et de tsunami, un accident tel que celui de Fukushima ne se produirait pas. Mais les travaux à réaliser pour s'en assurer ne sont pas faits. Que se passera-t-il si un désastre survient avant ?", interroge le PDG de Softbank, Masayoshi Son, profondément antinucléaire.
Les plans de la compagnie Kansai Electric, gérante de la centrale d'Ohi, prévoient divers renforcements de la sécurité du site, mais le tout ne sera pas terminé avant 2015.
A l'inverse de résidents d'Ohi, surtout préoccupés par la santé économique immédiate de leur région, les plus choqués par le choix du gouvernement sont les personnes chassées sine die de chez eux par la catastrophe de Fukushima.
"Est-ce que pour le gouvernement, ce qui s'est passé à Fukushima est un fait survenu dans un autre pays ?", demande avec tristesse Hirohi Hasegawa, ex-habitant de Minamisoma, à une vingtaine de kilomètres de la centrale Fukushima Daiichi en péril.
http://www.20minutes.fr/monde/955475-japon-elites-population-divisees-relance-reacteurs-nucleaires
mardi 19 juin 2012
lundi 18 juin 2012
dimanche 17 juin 2012
- Le Chili ouvre l'exploitation de ses immenses réserves de lithium au privé
Le Chili, premier producteur mondial de lithium, considéré comme le "pétrole du futur", vient d'ouvrir l'exploitation de ses vastes réserves à des entreprises privées, mais l'opposition considère que cette production devrait conserver un caractère stratégique.
Le lithium, également surnommé "or gris", est utilisé pour les batteries de voiture, de téléphones portables ou d'ordinateurs, mais aussi la verrerie ou la médecine.
Trois pays, le Chili, la Bolivie et l'Argentine concentrent 85% des réserves mondiales, ce qui leur a valu le surnom d'"Arabie Saoudite" du lithium.
Jusqu'à présent, seules deux entreprises privées exploitent ce métal mou dans le cadre d'un partenariat avec l'Etat dans le désert de sel de l'Atacama (nord) avec des quotas de production qui devraient être épuisés entre 2030 et 2040.
Le lithium avait été déclaré ressource "stratégique" pendant la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990) pour son utilisation potentielle en matière d'armement nucléaire, mais le gouvernement a finalement lancé mardi un appel d'offres pour ouvrir à des entreprises nationales et étrangères l'exploration et l'extraction du lithium.
Les lauréats de cet appel d'offres pourront extraire jusqu'à 100.000 tonnes de ce métal sur 20 ans, et devront reverser à l'Etat 7% du total de leurs recettes mensuelles en guise de royalties.
Le droit d'exploitation autorisera les entreprises choisies à exploiter le lithium dans les zones de leur choix, à l'exception de concessions minières déjà existantes.
"Envisager un changement est une bonne idée", analyse pour l'AFP Jaime Gajardo, du Centre d'Etudes du cuivre (CESCO). "Les raisons qui ont généré l'exception dans le cas du lithium pour des raisons +stratégiques+ sont liées davantage à la qualité de lithium qu'à une utilisation dans la technologie nucléaire", estime-t-il.
Toutefois, les experts et les députés de l'opposition ont critiqué cette décision, estimant que le lithium devrait être traité comme un thème stratégique dans lequel l'Etat doit jouer un rôle central, compte tenu de l'expérience historique du pays dans l'exploitation du cuivre.
Le Chili reste le premier producteur mondial de cuivre, avec 35% de l'offre mondiale. Jusqu'au début des années 70, le cuivre était principalement aux mains de compagnies privées, mais après la nationalisation des gisements les plus importants, l'Etat chilien est devenu un des principaux producteurs mondiaux.
Le lithium est "extrêmement peu cher et essentiel pour les batteries automobiles, c'est pour cela qu'on le choisit, mais c'est un petit négoce qui n'atteint pas les 400 millions de dollars annuels", relève pour sa part Jaime Alee, directeur du Centre pour l'innovation du lithium de l'Université du Chili.
"Il y aura un moment où le Chili devra se demander s'il va continuer à vendre des matières premières ou commencer à produire des biens manufacturés. Il n'y a aucun pays qui se soit développé uniquement avec la vente de matières premières", assure-t-il à l'AFP.
"Nous appelons le gouvernement à cesser l'appel d'offres et à ouvrir un débat dans le pays pour mettre au point une politique publique qui donne de la valeur ajoutée et contribue au développement du Chili", a critiqué quant à elle la sénatrice socialiste Isabel Allende.
Cet appel d'offres met un terme à la "possession du lithium par le Chili", a estimé pour sa part le sénateur démocrate-chrétien Mariano Ruiz-Esquide.
Le pays andin compte aujourd'hui 40% des réserves de lithium métallique, derrière la Bolivie, où elles sont concentrées dans les lacs salés du nord, ce qui facilite leur exploitation.
Le Chili représente près d'un tiers de la production mondiale avec 43% du total, suivi par l'Australie (23%), la Chine (14%) et l'Argentine (14%), selon la Commission chilienne du cuivre (COCHILCO).
http://www.20minutes.fr/economie/954081-chili-ouvre-exploitation-immenses-reserves-lithium-prive
Le lithium, également surnommé "or gris", est utilisé pour les batteries de voiture, de téléphones portables ou d'ordinateurs, mais aussi la verrerie ou la médecine.
Trois pays, le Chili, la Bolivie et l'Argentine concentrent 85% des réserves mondiales, ce qui leur a valu le surnom d'"Arabie Saoudite" du lithium.
Jusqu'à présent, seules deux entreprises privées exploitent ce métal mou dans le cadre d'un partenariat avec l'Etat dans le désert de sel de l'Atacama (nord) avec des quotas de production qui devraient être épuisés entre 2030 et 2040.
Le lithium avait été déclaré ressource "stratégique" pendant la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990) pour son utilisation potentielle en matière d'armement nucléaire, mais le gouvernement a finalement lancé mardi un appel d'offres pour ouvrir à des entreprises nationales et étrangères l'exploration et l'extraction du lithium.
Les lauréats de cet appel d'offres pourront extraire jusqu'à 100.000 tonnes de ce métal sur 20 ans, et devront reverser à l'Etat 7% du total de leurs recettes mensuelles en guise de royalties.
Le droit d'exploitation autorisera les entreprises choisies à exploiter le lithium dans les zones de leur choix, à l'exception de concessions minières déjà existantes.
"Envisager un changement est une bonne idée", analyse pour l'AFP Jaime Gajardo, du Centre d'Etudes du cuivre (CESCO). "Les raisons qui ont généré l'exception dans le cas du lithium pour des raisons +stratégiques+ sont liées davantage à la qualité de lithium qu'à une utilisation dans la technologie nucléaire", estime-t-il.
Toutefois, les experts et les députés de l'opposition ont critiqué cette décision, estimant que le lithium devrait être traité comme un thème stratégique dans lequel l'Etat doit jouer un rôle central, compte tenu de l'expérience historique du pays dans l'exploitation du cuivre.
Le Chili reste le premier producteur mondial de cuivre, avec 35% de l'offre mondiale. Jusqu'au début des années 70, le cuivre était principalement aux mains de compagnies privées, mais après la nationalisation des gisements les plus importants, l'Etat chilien est devenu un des principaux producteurs mondiaux.
Le lithium est "extrêmement peu cher et essentiel pour les batteries automobiles, c'est pour cela qu'on le choisit, mais c'est un petit négoce qui n'atteint pas les 400 millions de dollars annuels", relève pour sa part Jaime Alee, directeur du Centre pour l'innovation du lithium de l'Université du Chili.
"Il y aura un moment où le Chili devra se demander s'il va continuer à vendre des matières premières ou commencer à produire des biens manufacturés. Il n'y a aucun pays qui se soit développé uniquement avec la vente de matières premières", assure-t-il à l'AFP.
"Nous appelons le gouvernement à cesser l'appel d'offres et à ouvrir un débat dans le pays pour mettre au point une politique publique qui donne de la valeur ajoutée et contribue au développement du Chili", a critiqué quant à elle la sénatrice socialiste Isabel Allende.
Cet appel d'offres met un terme à la "possession du lithium par le Chili", a estimé pour sa part le sénateur démocrate-chrétien Mariano Ruiz-Esquide.
Le pays andin compte aujourd'hui 40% des réserves de lithium métallique, derrière la Bolivie, où elles sont concentrées dans les lacs salés du nord, ce qui facilite leur exploitation.
Le Chili représente près d'un tiers de la production mondiale avec 43% du total, suivi par l'Australie (23%), la Chine (14%) et l'Argentine (14%), selon la Commission chilienne du cuivre (COCHILCO).
http://www.20minutes.fr/economie/954081-chili-ouvre-exploitation-immenses-reserves-lithium-prive
samedi 16 juin 2012
Fini les nouveaux forages pétroliers en Guyane française
Shell ne débutera pas de nouvelles prospections pétrolières off-shore ultra-profondes au large de la Guyane française. La ministre de l'Ecologie, Nicole Bricq, a décidé de suspendre la campagne d'exploration pétrolière qui devait démarrer d'ici la fin de ce mois. La compagnie déchante car du pétrole a été découvert au large des côtes de ce département d'Outre-mer lors du forage exploratoire mené de mars à septembre 2011 à 6.000 mètres de profondeur...
La société Shell avait déposé, fin mars 2012, auprès de la Préfecture de la Guyane, un dossier de déclaration d’ouverture de travaux de forage et d’étude sismique en mer à 130 km des côtes et sur une zone d’environ 5.300 km2. Actionnaire majoritaire d’un consortium pétrolier avec Total (Tullow Oil et Northern Petroleum), Shell souhaitait réaliser quatre forages d’exploration ultra-profonds, deux en 2012 et deux en 2013. La société entendait aussi mener une campagne de recherche d’hydrocarbures par ondes sismiques en 2012.
Ces recherches auraient permis l’acquisition de données acoustiques grâce à des canons à basses fréquences. Lorsque ces basses fréquences atteignent le substrat géologique, un écho remonte en surface et permet ensuite d’établir une carte en 3D de la géologie sous-marine. Les compagnies pétrolières savent ainsi où forer pour optimiser leurs chances de découvrir du pétrole.
Impacts sur la faune marine
Seul problème des recherches sismiques, «pour des raisons de hauteur d’eau et de pénétration suffisante des ondes dans les formations géologiques, l’intensité des ondes est très élevée», avait concédé Shell dans son étude d’impact. Elle estimait cependant que les ondes sismiques n’auraient eu qu’au mieux un impact moyen à fort sur les cétacés. Les poissons, les tortues marines et les oiseaux n’auraient dû en souffrir que modérément.
Christian Roudgé, coordinateur de la Fédération Guyane Nature Environnement qui, sur ce dossier, travaille en lien étroit avec Greenpeace France et la Fondation pour la Nature et l’Homme (FNH), n’était alors pas du même avis. Selon lui, «les impacts sur la faune aquatique (notamment cétacés et poissons, ndlr) sont mal connus. A proximité directe des canons on sait ce qui se passe. Plus loin, non.»
Idem pour ce qui est des forages exploratoires, l’étude de Shell estimait que les impacts sur les poissons, les tortues, les cétacés et les oiseaux seront faibles à moyens voire négligeables.
Mobilisation des défenseurs de l’environnement
Des mesures d’atténuation avaient été proposées par Shell pour protéger la faune marine : présence d’observateurs de la faune marine à bord des navires, mise en place d’une surveillance acoustique passive, pas de source lumineuse intense dirigée vers l’eau, période d’intervention qui n’interfère pas avec les cycles biologiques des espèces aquatiques. Mais cela n’a pas empêché les anti-pétrole de s’organiser dans le département.
Un «Collectif Or bleu contre Or noir» s’est créé le 3 mai dernier. Il a vite regroupé plus de 1.000 personnes opposées au projet de Shell en Guyane, sur les quelques 200.000 habitants que compte la Guyane française. Les revendications de ce collectif n’ont pas concerné uniquement la faune marine. «Les forages se situent dans une zone de très forts courants marins, mal connus, qui rendent particulièrement périlleuses toute exploitation» et «en cas de marée noire, les industriels admettent qu’il serait impossible de nettoyer la mangrove du plateau des Guyanes, un écosystème primordial pour notre région» avait alors précisé le collectif sur son site internet (http://or-bleu-contre-or-noir.org/)
Le bras de fer entre écologistes et sociétés pétrolières a été arbitré aujourd’hui par Nicole Bricq: il n’y aura pour l’instant pas de nouveau forages en vue en Guyane. Le ministère du développement durable a déclaré dans un communiqué de presse que «dans le cadre d’un code minier inadapté et obsolète, le précédent Gouvernement a octroyé un permis exclusif de recherches à un consortium privé sans contrepartie suffisante pour l’intérêt national. La prise en compte des problématiques d’environnement n’est pas satisfaisante.»
Un bel exemple qui montre que le poids de 1.000 citoyens face au lobby des multinationales du consortium peut parfois peser…
http://www.20minutes.fr/article/952949/fini-nouveaux-forages-petroliers-guyane-francaise
La société Shell avait déposé, fin mars 2012, auprès de la Préfecture de la Guyane, un dossier de déclaration d’ouverture de travaux de forage et d’étude sismique en mer à 130 km des côtes et sur une zone d’environ 5.300 km2. Actionnaire majoritaire d’un consortium pétrolier avec Total (Tullow Oil et Northern Petroleum), Shell souhaitait réaliser quatre forages d’exploration ultra-profonds, deux en 2012 et deux en 2013. La société entendait aussi mener une campagne de recherche d’hydrocarbures par ondes sismiques en 2012.
Ces recherches auraient permis l’acquisition de données acoustiques grâce à des canons à basses fréquences. Lorsque ces basses fréquences atteignent le substrat géologique, un écho remonte en surface et permet ensuite d’établir une carte en 3D de la géologie sous-marine. Les compagnies pétrolières savent ainsi où forer pour optimiser leurs chances de découvrir du pétrole.
Impacts sur la faune marine
Seul problème des recherches sismiques, «pour des raisons de hauteur d’eau et de pénétration suffisante des ondes dans les formations géologiques, l’intensité des ondes est très élevée», avait concédé Shell dans son étude d’impact. Elle estimait cependant que les ondes sismiques n’auraient eu qu’au mieux un impact moyen à fort sur les cétacés. Les poissons, les tortues marines et les oiseaux n’auraient dû en souffrir que modérément.
Christian Roudgé, coordinateur de la Fédération Guyane Nature Environnement qui, sur ce dossier, travaille en lien étroit avec Greenpeace France et la Fondation pour la Nature et l’Homme (FNH), n’était alors pas du même avis. Selon lui, «les impacts sur la faune aquatique (notamment cétacés et poissons, ndlr) sont mal connus. A proximité directe des canons on sait ce qui se passe. Plus loin, non.»
Idem pour ce qui est des forages exploratoires, l’étude de Shell estimait que les impacts sur les poissons, les tortues, les cétacés et les oiseaux seront faibles à moyens voire négligeables.
Mobilisation des défenseurs de l’environnement
Des mesures d’atténuation avaient été proposées par Shell pour protéger la faune marine : présence d’observateurs de la faune marine à bord des navires, mise en place d’une surveillance acoustique passive, pas de source lumineuse intense dirigée vers l’eau, période d’intervention qui n’interfère pas avec les cycles biologiques des espèces aquatiques. Mais cela n’a pas empêché les anti-pétrole de s’organiser dans le département.
Un «Collectif Or bleu contre Or noir» s’est créé le 3 mai dernier. Il a vite regroupé plus de 1.000 personnes opposées au projet de Shell en Guyane, sur les quelques 200.000 habitants que compte la Guyane française. Les revendications de ce collectif n’ont pas concerné uniquement la faune marine. «Les forages se situent dans une zone de très forts courants marins, mal connus, qui rendent particulièrement périlleuses toute exploitation» et «en cas de marée noire, les industriels admettent qu’il serait impossible de nettoyer la mangrove du plateau des Guyanes, un écosystème primordial pour notre région» avait alors précisé le collectif sur son site internet (http://or-bleu-contre-or-noir.org/)
Le bras de fer entre écologistes et sociétés pétrolières a été arbitré aujourd’hui par Nicole Bricq: il n’y aura pour l’instant pas de nouveau forages en vue en Guyane. Le ministère du développement durable a déclaré dans un communiqué de presse que «dans le cadre d’un code minier inadapté et obsolète, le précédent Gouvernement a octroyé un permis exclusif de recherches à un consortium privé sans contrepartie suffisante pour l’intérêt national. La prise en compte des problématiques d’environnement n’est pas satisfaisante.»
Un bel exemple qui montre que le poids de 1.000 citoyens face au lobby des multinationales du consortium peut parfois peser…
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