vendredi 25 mars 2011

Fukushima: les premières images à l'intérieur de la centrale

Les rejets se poursuivent à Fukushima

Les travaux de remise en état de la centrale nucléaire de Fukushima (nord-est du Japon) pourraient prendre encore un mois, a reconnu aujourd'hui l'opérateur du site, dont les rejets radioactifs continuent de susciter l'inquiétude au Japon et dans le reste du monde.

Autour de la centrale, les préfectures de la côte Pacifique pansent leurs plaies, deux semaines exactement après le plus grand séisme de l'histoire du Japon et l'énorme tsunami qui a suivi, faisant plus de 10.000 morts confirmés et près du double de disparus.

L'opérateur, Tokyo Electric Power (Teco), a reconnu aujourd'hui que les opérations de refroidissement des réacteurs à l'aide de canons à eau et les travaux de rétablissement de l'alimentation électrique avançaient lentement en raison de la dangerosité du site, au lendemain de l'hospitalisation de deux ouvriers gravement irradiés.

"Nous en sommes encore à évaluer les dégâts sur la centrale et nous ne pouvons par fixer une date à laquelle les équipements de refroidissement vont fonctionner. Cela pourrait prendre encore plus d'un mois, qui sait", a déclaré à l'AFP un porte-parole de la société.

L'Agence japonaise de sûreté nucléaire a par ailleurs annoncé qu'elle n'écartait pas la possibilité de relever à 6 le niveau de l'accident de Fukushima, actuellement fixé à 5, sur une échelle allant de 0 à 7. L'Agence a dans le même temps reproché à Tepco de ne pas avoir pris les mesures nécessaires pour protéger ses techniciens qui luttent jour et nuit au côté de centaines de pompiers et soldats pour éviter une catastrophe nucléaire. Selon un porte-parole de l'Agence, "des substances radioactives ont fui du réacteur 3, qui pourrait avoir été endommagé".

Le nombre de morts confirmés du séisme et du tsunami a dépassé les 10.000, deux semaines exactement après la catastrophe, a par ailleurs annoncé aujourd'hui la Police nationale nippone. Selon les dernières statistiques publiées aujourd'hui, la police a indiqué que 10.035 morts avaient été confirmées et que 17.443 personnes étaient portées disparues. Le nombre de blessés s'établit à 2.775, a ajouté la police, chargée de compiler les statistiques venant des différentes préfectures touchées et d'identifier les corps.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/03/25/97001-20110325FILWWW00303-les-rejets-se-poursuivent-a-fukushima.php

Pas de hausse anormale de la radioactivité en France

Ils avaient promis des mesures, les voici. Aucune hausse anormale de la radioactivité n'a été mesurée mercredi, jour du passage du nuage radioactif japonais en France, par les 170 balises de contrôle de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), a dit jeudi l'établissement publicOutre les mesures des balises, des prélèvements effectués sur plusieurs jours dans différents points du territoire montrent des résultats eux aussi inférieurs aux limites de détection des appareils utilisés. Seul un échantillon de lait de chèvre présente des traces de radioactivité dues aux essais nucléaires français et à la catastrophe de Tchernobyl, a même précisé l'IRSN.

Dans le détail, voici le communiqué de l'institut : "Au cours de la journée du 23 mars, aucune élévation anormale de la radioactivité gamma ambiante n'a été détectée sur l'ensemble des sondes du réseau Téléray de l'IRSN". En l'occurrence ce réseau Téléray est un système constitué de 170 balises (dont sept en Outre-mer) qui mesurent en permanence la radioactivité des rayons gamma, des ondes électromagnétiques émises par des atomes radioactifs lors de leur désintégration.


"Traces habituellement observées"
Quant aux prélèvements, ils ont été effectués à partir de poussières atmosphériques, d'eau de pluie, d'herbe, et sur des échantillons de lait de vache, de chèvre et de brebis dans une vingtaine points comme au sommet du Puy-de-Dôme, aux alentours de certaines centrales nucléaires ou encore à Orsay. L'échantillon de lait de chèvre prélevé à Gréoux-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence) a révélé des traces de césium 137. "Ces traces sont habituellement observées dans ce type de produit et résultent de la persistance dans les sols et dans les végétaux du césium 137 déposé à la suite des essais nucléaires en atmosphère et de l'accident de Tchernobyl", écrit l'IRSN.

De 1960 à 1996, la France a procédé à des essais nucléaires d'abord dans le Sahara puis dans le Pacifique, sur les atolls de Mururoa et Fangataufa, en Polynésie française. Le césium 137 est un produit de fission radioactif dont la radioactivité décroît de moitié au bout de trente ans.

jeudi 24 mars 2011

Vidéo : les pompiers en action sur un réacteur de la centrale nucléaire à Fukushima

Le site d'information Russia Today a diffusé ces images montrant les pompiers de Fukushima en intervention sur un réacteur détruit de la centrale nucléaire de Fukushima.Quatre réacteurs de la centrale de Fukushima Daiichi (N°1) sont toujours gravement accidentés à cause d'un arrêt de leur système de refroidissement, après le plus puissant séisme jamais enregistré au Japon et l'énorme tsunami qui a suivi. Les équipes techniques de la compagnie gestionnaire du site, Tokyo Electric Power (Tepco), tentent depuis le 12 mars de rétablir l'alimentation électrique de la centrale, afin de remettre en service les stations de pompage du système de refroidissement.
http://www.midilibre.com/articles/2011/03/24/A-LA-UNE-Les-pompiers-en-action-sur-un-reacteur-de-Fukushima-1572912.php5

Deux forts séismes frappent la Birmanie et la Thaïlande

Deux forts séismes, dont un de magnitude 6,9, ont frappé ce jeudi le nord-est de la Birmanie, aux confins du Laos et de la Thaïlande, selon l'Institut géologique américain l'USGS.
Les deux secousses sont survenues à quelques secondes d'intervalle à 8h25 locales vendredi (14h55 à Paris) à 110 km au nord de Chiang Mai, ville du nord-ouest de la Thaïlande.

Le Triangle d'or

La première secousse s'est produite à une profondeur de 10 km, la seconde de 230 km. La région frappée correspond au Triangle d'or, une zone de collines boisées très peu peuplée qui abrite un très important trafic d'opium.
Selon des témoins, les secousses ont été ressenties jusqu'à Hanoï, la capitale viêtnamienne, où des habitants ont évacué des tours

http://www.20minutes.fr/article/693530/monde-deux-forts-seismes-frappent-birmanie-thailande

Les volcans japonais pourraient se réveiller

Alors que le Japon lutte toujours contre la menace nucléaire après le violent séisme suivi d'un tsunami dévastateur, une étude pointe du doigt le risque de voir certains volcans de l'archipel se réveiller.
Des travaux menés par l'Institut de physique du globe de Paris mettent en lumière la menace volcanique qui pèse sur le Japon. Rapportée par Sciences et Avenir, cette étude met en garde contre les volcans situés à l'est du pays, en face de la fosse océanique du Japon. Situés sur la ceinture de feu du Pacifique, ils pourraient se réveiller après la meurtrière secousse de magnitude 9 survenue le 11 mars dernier.
Les violents séismes ont en effet un impact sur les contraintes tectoniques. A l'Est du Japon, la région côtière de Sendai s'est déplacée de 4,2 mètres, tandis qu'à l'ouest la bordure côtière a bougé de 50 centimètres. Les réservoirs magmatiques des volcans ont eux aussi certainement été affectés par la secousse. Certaines zones de la région se sont dilatées en profondeur et ont subi une importante décompression, explique la sismo-tectonicienne Nathalie Feuillet qui a également alerté qu'une telle décompression pourrait engendrer une libération de gaz et une remontée de magma.
Le 13 mars, deux jours après le séisme, le volcan japonais Shinmoedake s'est mis à cracher des pierres et des cendres. Des centaines de personnes vivant sur les pentes du volcan ont dû être évacuées, mais l'éruption fut heureusement de courte durée. Il est difficile de dire si cette activité a été engendrée par le séisme. En janvier dernier, le volcan s'est réveillé pour la première fois depuis 52 ans et l'éruption avait alors duré plusieurs jours.
http://www.maxisciences.com/volcan/les-volcans-japonais-pourraient-se-reveiller_art13435.html

Fukushima : 3 salariés irradiés, 2 hospitalisés

Les problèmes continuent à la centrale nucléaire de...

Japon: 3 employés travaillant à Fukushima irradiés et hospitalisés

Trois employés travaillant sur le réacteur 3 de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima, au nord-est du Japon, ont été irradiés, a annoncé jeudi l'Agence japonaise de sûreté nucléaire.
Deux d'entre eux ont ensuite été hospitalisés, a précisé l'Agence, qui avait évoqué auparavant trois hospitalisations.

Ces deux employés ont été "exposés à des niveaux de radiation compris entre 170 et 180 millisieverts", a indiqué Hidekuki Nishiyama, porte-parole de l'Agence.

Les employés travaillaient dans un bâtiment qui abrite la turbine, un lieu distinct du bâtiment du réacteur.

Une exposition à 100 millisieverts sur une période d'un an est considérée comme le seuil à partir duquel augmente le risque de contracter un cancer plus tard.

Jeudi, près de deux semaines après le séisme de magnitude 9 suivi d'un tsunami dévastateurs, les autorités poursuivaient la délicate et périlleuse tâche visant à refroidir les réacteurs de la centrale de Fukushima Daiichi (N°1).

Le personnel, évacué la veille après une émanation de fumée noire, a repris les opérations d'arrosage sur le réacteur 3 où l'électricité avait été en partie rétablie dans la salle de contrôle, a annoncé par ailleurs l'Agence de sûreté nucléaire.

Le niveau d'iode radioactif dans l'eau du robinet de Tokyo est repassé jeudi sous la limite légale admise pour les bébés, après avoir dépassé ce seuil la veille, ont annoncé les autorités de la capitale.

L'électricité a été partiellement rétablie jeudi dans la salle de contrôle du réacteur 1, dans la centrale accidentée de Fukushima (nord-est du Japon), a annoncé l'Agence de sûreté nucléaire.

La municipalité de Tokyo a annoncé que le taux d'iode radioactif était tombé à 79 becquerels par kilogramme jeudi à 06H00 (mercredi 21H00 GMT) à la station d'épuration de Kanamachi (arrondissement de Katsushika), alors que la limite fixée par les autorités nippones est de 100 becquerels pour les bébés. Une concentration d'iode radioactif 131 de 210 becquerels par kilogramme avait été relevée mardi matin sur des échantillons d'eau courante prélevés dans cette même station.

"A 11H30 (02H30 GMT), l'éclairage de la salle de contrôle s'est allumé, mais nous ne sommes pas sûrs que cela signifie que le système de refroidissement pourra repartir", a déclaré à l'AFP un responsable de l'Agence de sûreté nucléaire

La centrale Fukushima Daiichi (Fukushima 1) compte six réacteurs dont l'alimentation électrique a été interrompue par le séisme et le tsunami dévastateurs du 11 mars, ce qui a provoqué la mise hors-service des systèmes de refroidissement du combustible et entraîné une série d'accidents accompagnés de fuites radioactives. L'éclairage avait déjà été rétabli mardi soir dans la salle de contrôle du réacteur 3, grâce à une ligne à haute tension amenée de l'extérieur.

Tous les réacteurs ont été connectés aux distributeurs d'électricité, mais seules quelques lignes ont été mises partiellement sous tension, en attendant que l'état des appareils soient vérifiés afin d'éviter des court-circuits.

L'Agence de sûreté nucléaire a annoncé jeudi que les techniciens de l'opérateur du site, Tokyo Electric Power (Tepco), allaient tenter de remettre en service une pompe alimentant le réacteur 3, le plus endommagé. "Les ouvriers espèrent abandonner le recours à l'eau de mer et utiliser une pompe pour alimenter la piscine de rétention en eau courante", a déclaré ce responsable. Ce réservoir est situé sous le réacteur qui lui-même est protégé par une enceinte de confinement.

Selon l'Agence, la ligne électrique à l'intérieur de cette enceinte est "relativement en bon état".

Les dispositifs de refroidissement des réacteurs 5 et 6, qui ont moins souffert, sont à l'heure actuelle les seuls à être opérationnels.
http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5if9lnsIO1oYC2GLp1J_YzQY1AYBw?docId=CNG.f7e52290ae78c0bf42859e702b8f94df.b1

Nouvelle alerte à la centrale de Fukushima

Plus de 25.000 morts ou disparus dans le séisme au Japon

Le chiffre est énorme. Le séisme et le tsunami qui ont dévasté le nord-est du Japon le 11 mars ont fait plus de 25.000 morts confirmés et disparus, selon un nouveau bilan de la police publié mercredi. La police a précisé que 9.487 décès étaient confirmés et que 15.617 personnes sont officiellement portées disparues, soit un total de 25.104 morts et disparus après la catastrophe du 11 mars. Au total 2.755 personnes ont été blesséesLe séisme de magnitude 9, suivi d'un tsunami dévastateur, a été le plus meurtrier depuis le tremblement de terre de 1923 qui avait fait plus de 142.000 morts au Japon. Des centaines de milliers de personnes ont été évacuées et ont trouvé refuge dans des centres d'hébergement de secours
http://lci.tf1.fr/monde/asie/2011-03/plus-de-25-000-morts-ou-disparus-dans-le-seisme-au-japon-6327722.html

Cartographier les incidences des changements climatiques sur l'humain

Un doctorant de l'Université McGill à Montréal vient de réaliser une grande première : cartographier l'incidence des changements climatiques sur les populations humaines. La mappemonde révèle que les habitants des régions les moins responsables risquent de subir le plus ces modifications.
Après les migrations des espèces végétales et animales, c'est maintenant les migrations humaines qui intéressent les chercheurs. Particulièrement Jason Samson, doctorant au département de sciences des ressources naturelles de l'Université McGill à Montréal. Avec ses collègues, il cherche à mettre en évidence les migrations des populations humaines dues au changement climatique. A l'heure actuelle, l'équipe travaille sur des données récoltées auprès de 97% de la population mondiale. Cette étude vise à fournir des prédictions jusqu'à 2050.


Les résultats suggèrent qu'à un rythme de croissance démographique égal à celui prévu, les populations les plus susceptibles d'être vulnérables aux changements climatiques sont celles des régions chaudes de basse altitude. Aussi les habitants du centre de l'Amérique du Sud, de la péninsule arabique et de l'Afrique ne seront pas épargnés. En effet, ces populations déjà contraintes par les conditions arides de leurs régions, ne pourront pas cautionner la croissance de leur population cumulée à une légère hausse de température.


Des injustices flagrantes


Ces résultats révèlent des injustices flagrantes au regard de l'impact environnemental de chaque pays. Cet impact, calculé selon la moyenne d'émission de dioxyde de carbone par personne montre que les pays les moins responsables du changement climatique seront les plus vulnérables dans le futur. Jason Samson précise : "Examinons la Somalie, par exemple. Le climat y étant extrêmement chaud, ce pays éprouve déjà de grandes difficultés à se nourrir, et cela deviendra encore plus difficile si la température augmente. Il est par ailleurs évident que la Somalie ne participe pas de manière importante à l'ém... lire la suite de l'article sur Maxisciences


http://www.maxisciences.com/carte/cartographier-les-incidences-des-changements-climatiques-sur-l-039-humain_art12947.html

mercredi 23 mars 2011

Centrale de Fukushima: Le risque de catastrophe nucléaire ne peut toujours pas être écarté

Les efforts des employés pour rétablir le système de refroidissement des réacteurs sont mis à mal par plusieurs facteurs...
Douze jours après le séisme et le tsunami qui ont frappé le Japon, la situation est toujours très critique à la centrale nucléaire de Fukushima.

Les six réacteurs sont désormais reliés par des câbles au réseau électrique mais seule la pompe de refroidissement du réacteur n°5 a été relancée jusqu'à présent.

Débris, eau projetée et radiations

Des centaines d'employés de Tokyo Electric Power, l'opérateur de la centrale, s'efforcent de rétablir le courant pour remettre en route les autres pompes de refroidissement et empêcher une surchauffe du coeur des réacteurs. Mais les travaux en cours sont perturbés par divers incidents.
Deux techniciens ont ainsi été blessés mercredi alors qu'ils tentaient de rétablir l'électricité dans le réacteur n°1.
Par ailleurs, les débris, l'eau projetée sur le site et les pics de radiation entravent leurs efforts en permanence.

500 millisieverts par heure

Les techniciens qui s'efforcent de réparer le réacteur n°2 ont ainsi dû interrompre leurs travaux mercredi en raison d'un niveau de radiation atteignant 500 millisieverts par heure.
De la fumée continue par ailleurs chaque jour, de façon ponctuelle, de s'élever au-dessus de la centrale. Ce mercredi, de la fumée noire est brièvement sortie mercredi du réacteur n°3, provoquant l'évacuation temporaire des ouvriers.

Le coeur des réacteurs pourrait fondre

Malgré tout, le gouvernement japonais a jugé qu'il n'était pas nécessaire d'élargir pour le moment la zone d'exclusion autour de la centrale, établie dans un rayon de 20 km. L'Agence de sûreté nucléaire a fait état d'une radioactivité de 283,7 microsieverts après que la fumée a été vue, contre 435 microsieverts deux heures plus tôt.
Si les employés ne parviennent pas à enrayer la surchauffe des réacteurs, le coeur pourrait fondre. Les pastilles d’uranium s’accumuleraient alors au fond de la cuve, formant un corium, sorte de grosse boule de métal en fusion à 3.000°C, expliquait Roland Desbordes, expert de la Criirad (Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité), à 20minutes.fr. Ce corium pourrait alors transpercer la cuve, puis la dalle de béton en dessous de la centrale, et enfin la roche et la terre.
Le risque d’une catastrophe nucléaire au Japon est donc loin d’être écarté pour l’instant.
http://www.20minutes.fr/article/692502/monde-centrale-fukushima-risque-catastrophe-nucleaire-peut-toujours-etre-ecarte

La France à l'heure du "nuage de Fukushima"

Si vous levez le nez vers le zénith, en ce mercredi ensoleillé, tout ce que vous verrez probablement sera un grand ciel bleu et un soleil éclatant, qui brille pratiquement partout en France. Pourtant, n'en doutez pas, "il" est bien là. Le fameux nuage de Fukushima, après avoir parcouru un long chemin autour du globe terrestre, est désormais arrivé jusque chez nous. Le gouvernement et l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) disent que ces masses d'air contiennent des quantités tellement infinitésimales de produits nocifs qu'elles ne seraient pas même détectables. Le mot même de "nuage" est contesté.
"Le terme nuage n'est pas tout à fait approprié. Il pourrait s'agir de traces radioactives tellement faibles qu'elles pourraient ne pas être détectées sur notre réseau de balises qui mesurent en permanence la radioactivité et seulement être détectées au bout de quelques jours", a dit la ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, à la sortie du conseil des ministres. "Sur le fond de radioactivité, en tout état de cause, il s'agit de doses très très faibles qui n'appellent aucune précaution particulière (...) Non, vraiment, pas de danger !", a-t-elle ajouté.
Des médecins dubitatifs
L'ASN mais aussi l'organisation indépendante Criirad (Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité) assurent que la distance entre la France et le Japon via les océans Pacifique et Atlantique, soit environ 15.000 km, rend le risque négligeable. Il n'y a aucune précaution à prendre, et il ne faut surtout pas prendre des pastilles d'iode comme cela semble pourtant se pratiquer ces derniers jours en France, a souligné Michel Bourguignon, commissaire à l'ASN, lors d'une conférence de presse.
La Criirad a promis de réaliser des analyses détaillées pour fournir des données précises. L'organisation fondée après l'accident de Tchernobyl, en Ukraine, en 1986, reste toutefois prudente et promet de faire des mesures détaillées dans les jours à venir. Plusieurs autres associations font état de doutes sur le nuage japonais, rappelant qu'en 1986, après Tchernobyl, les autorités avaient nié tout risque lors du passage du nuage radioactif. Alors qu'on pense aujourd'hui qu'il pourrait avoir eu de lourdes conséquences sanitaires - ce qui est toujours nié par les autorités. Coïncidence, le parquet général vient de requérir un non-lieu dans l'enquête sur les conséquences sanitaires de la catastrophe en France. La cour d'appel de Paris examine le dossier le 31 mars. "Il n'y a pas de seuil en dessous duquel on puisse affirmer que la radioactivité est sans risque pour la santé à long terme", souligne dans un communiqué le Syndicat de la médecine générale.
En ce qui concerne les produits frais en provenance du Japon, les autorités assurent que leur contrôle des est opérationnel, mais les importations de fruits, légumes et algues sont de toute façon interrompues pour le moment. Il est donc inutile de se restreindre dans la consommation de produits en provenance du Japon, arrivés forcément avant la catastrophe et donc sains, disent les autorités.

Fukushima : « la situation reste précaire »

Fukushima, « la situation reste précaire » indiquait ce matin l'Agence de sûreté nucléaireà Paris, confirmant qu'une fumée noire s‘était échappée du bâtiment abritant le réacteur 3. « Une fumée noire a été émise par le réacteur 3 à 16h40 (heure locale). L'ASN est en attente d'information concernant l'origine et les conséquences de cet événement ». Depuis la fumée se serait dissipée. Mais la situation n'en est pas moins précaire et floue. Lors d'une conférence de presse, un vice-président de la société Tokyo Electric Power a ainsi fait savoir, selon l'agence Bloomberg, qu'il n'était pas possible de mesurer la radiation sur le site faute d'électricité.
Pour l'heure, il semblerait que tous les réacteurs soient raccordés électriquement au réseau électrique externe. Le réacteur 5 serait raccordé et alimenté électriquement par le réseau externe ; de même, les salles de commande et l'instrumentation des réacteurs 1 et 3 seraient reliées au réseau électrique. Une information circule selon laquelle deux techniciens auraient été blessés ce matin alors qu'ils tentaient de rétablir l'électricité dans le réacteur 1. La salle de contrôle du réacteur 3 a été la première à avoir été partiellement remise sous tension mardi soir grâce à une alimentation externe
Quelques heures plus tôt ce mercredi, le personnel avait dû être évacué alors que des volutes de fumée s'échappant au dessus du réacteur 3 avait été signalées. Cette émission de fumée, que les autorités ne classent pas comme incident sérieux, ne semble pas avoir augmenté la radioactivité autour de la centrale.
Le coeur de ce réacteur 3, très endommagé par une explosion et chargé en combustible Mox, reste partiellement dénoyé, en dépit de l'injection d'eau de mer. « La vapeur produite dans la cuve au contact du combustible s'évacue dans l'enceinte de confinement qui ne semble plus étanche selon les indications de pression » indiquait pour sa part dans son point de 6 heures l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire(IRSN).
« Les réacteurs 1,2, et 3 restent dans un état particulièrement critique en l'absence de source de refroidissement pérenne » notait ce matin l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) en précisant que « les effets liés à la présence de sel dans l'eau injectée pourraient altérer le refroidissement du combustible à très court terme ».
Si de la fumée continue chaque jour, de façon ponctuelle, de s'élever au-dessus de la centrale, le gouvernement japonais a jugé aujourd'hui qu'il n'était pas nécessaire d'élargir pour le moment la zone d'exclusion autour de la centrale, établie dans un rayon de 20 km.http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0201246517184-fukushima-la-situation-reste-precaire-.htm